Il y a sept ans, le 7 Avril 2010, les Girondins de Bordeaux et l’Olympique Lyonnais s’affrontaient en quart de finale retour de la Ligue des Champions. Retour sur une double confrontation qui laissera à jamais des regrets dans le coeur des bordelais et de larges sourires dans la capitale des gaules.

Après avoir quasiment tout raflé lors de la saison précédente (un titre de Champion, une Coupe de la Ligue et un Trophée des Champions), Bordeaux démarre sa campagne européenne dans une poule qui ne lui promet guère un grand avenir. Le Bayern de Munich, la Juventus Turin et le Maccabi Haifa se dressent sur la route des Marines et Blancs. De son côté, l’Olympique Lyonnais, qui termina troisième la saison précédente, se retrouve dans la poule de Liverpool, la Fiorentina et Debrecen. Une poule qui parait plus abordable sur le papier.

Après six journées, Bordeaux termine première de sa poule avec 16 points (sur 18 possibles). Trois victoires à domicile, deux à l’extérieur dont une à l’Allianz Arena, et un nul au Stadio delle Alpi font déjouer tous les pronostics. Lyon, de son côté, termine deuxième de sa poule avec 13 points derrière la Viola.
Le tirage au sort des huitièmes de finale n’est pas clément pour tout le monde. Bordeaux aura la chance de tomber sur l’Olympiakos alors que Lyon héritera d’un des pires tirages, à savoir le Réal Madrid.

Grâce à un but de Michaël Ciani, Bordeaux s’impose en terre grecque 1-0 et prend une véritable option sur la qualification en quart de finale. Le retour est du même acabit puisque les Girondins déroulent au Stade Chaban Delmas 2-1 et obtiennent leur ticket pour le tour suivant. Lyon reçoit les Merengues au stade Gerland et s’impose 1-0 grâce à un but du deuxième Jean Makoun. Les espoirs sont réels pour le match retour mais s’amenuisent lorsque Cristiano Ronaldo marque rapidement, dès la sixième minute de jeu. Finalement, un but de Miralem Pjanic, à un quart d’heure de la fin du match, qualifie les Lyonnais qui réalisent un véritable exploit en éliminant un candidat très sérieux au titre de la Coupe aux Grandes Oreilles.

Le 19 Mars 2010, Jean Michel Aulas et Jean Louis Triaud se retrouvent au siège de l’UEFA afin de connaitre leurs adversaires respectifs tout en s’avouant ne pas vouloir se rencontrer pour maximiser les chances de voir deux clubs français en demi finales, ce qui aurait été une grande première. Finalement, Gianni Infantino, le légendaire chauve de l’UEFA, jumeau de Fabien Barthez, en décide autrement. Lyon et Bordeaux se rencontreront lors d’une double confrontation avec le match aller à Gerland.

Le match aller : une décision arbitrale qui vaut chère, très chère

Le 30 Mars 2010, Bordeaux se déplace donc chez les Gones pour un match qui sent la poudre. Après l’ouverture du score précoce de Lisandro Lopez dès la dixième minute de jeu, Bordeaux se rebelle et égalise quatre minutes plus tard par l’intermédiaire de son diable d’attaquant marocain, Marouane Chamakh. À la 32ème minute de jeu, Carrasso se fait fusiller par une Bastos de Michel et Lyon mène deux buts à un. On ne le saura jamais mais il y a fort à parier que Jean Michel Aulas, à la mi-temps, est venu glisser un petit pécule à l’arbitre puisque ce dernier sifflera à la 77ème minute de jeu une main involontaire, pour 99% de la population française, à l’encontre de Matthieu Chalmé. Lisandro Lopez ne se fait pas prier et inscrit un doublé. Au coup de sifflet final, Lyon prend une belle option sur la qualification.

Le match retour : une équerre et un arrêt extraordinaire

Le 7 Avril 2010 sonne comme la rébellion bordelaise. N’ayant pas oublié ce terrible coup de sifflet sur une main imaginaire, Bordeaux, qualifiée de ville endormie, se prend à rêver d’une qualification historique ou presque puisque cela ne serait que la deuxième fois qu’elle atteindrait ce niveau après 1985 et la demi finale contre la Juventus Turin de Michel Platini. Dans un stade chauffé à blanc, Julien Courbet annonce la composition d’équipe des Girondins et le coup de sifflet est donné. Le début de match est à l’avantage des lyonnais mais ni Lisandro Lopez, ni la panthère Gomis n’arrivent à trouver le cadre. Bordeaux fait le dos rond et commence à sortir de ses bases par l’intermédiaire de Gourcuff qui prend le meilleur sur Lloris mais ne cadre pas. À la 44ème minute de jeu, depuis les 30 mètres, Alou Diarra envoie un missile téléguidé sur le coin droit de la cage du gardien lyonnais. Le ballon tape la barre et le bruit résonne jusqu’à la Place de la Victoire. Une minute plus tard, les bordelais sont récompensés de leurs efforts par l’intermédiaire de Chamakh qui est à la réception d’un centre de Trémoulinas. Les Bordelais n’ont plus qu’un but à marquer pour se qualifier et la mi temps est sifflée. Au retour des vestiaires, la bataille au milieu de terrain fait rage. Un corner de Gourcuff non repris de la tête par Lamine Sané fait frémir tout le stade à la 80ème minute de jeu. Le tournant du match et certainement de la qualification arrive sept minutes plus tard lorsque Wendel envoie une énorme tête qui aurait du se loger sous la barre sans un arrêt exceptionnel, un arrêt de mammouth, une parade d’anthologie d’Hugo Lloris qui vient enterrer les derniers espoirs bordelais. Lyon peut exulter et Bordeaux pleurer.

En demi finale, l’Olympique Lyonnais défie le Bayern Munich de Franck Ribéry et Arjen Robben. Après une défaite 1-0 à l’Allianz Arena, les Gones s’effondrent au retour et encaissent un joli 3-0. Comment ne pas avoir de regrets en Gironde lorsque l’on sait que Bordeaux avait battu quelques mois auparavant ce même Bayern de Munich 2-0 à l’extérieur et 2-1 à domicile durant la phase de poules ? L’Inter Milan de José Mourinho s’imposera finalement 2-0 en finale face au Bayern.