Il y a 24 ans jour pour jour, un événement tragique a secoué l’équipe de football de Zambie et par ricochet tout un peuple qui la soutenait.

L’équipe de Zambie jouait les éliminatoires de la Coupe du Monde 1994.

Lors du 1er tour de qualifications, la Zambie a fini 1ère de son groupe composé de Madagascar, la Namibie et la Tanzanie. La Tanzanie ayant déclaré forfait, la Zambie n’avait joué que 4 matchs et en avait remporté 3.

Lors du 2nd tour, la Zambie hérite du Maroc et du Sénégal. Pour leur premier match, les Chipolopolos (surnom donné aux joueurs de la sélection zambienne) devaient affronter le Sénégal. Un vol, spécialement organisé par l’armée zambienne, devait les conduire à Dakar, capitale du Sénégal. Trois escales étaient prévus. Des problèmes techniques avaient été repérés après la première. Mais l’avion a néanmoins redécollé. Et c’est après la deuxième escale à Libreville au Gabon, que le drame est survenu. Le moteur gauche de l’avion prend feu et s’arrête. A ce moment-là, le pilote, le colonel Fenton Mhone, coupe le moteur droit. L’avion n’a plus de puissance et s’écrase dans l’Atlantique à plus de 500 mètres des côtes gabonaises et de Libreville.

Le bilan est terrible : les 25 passagers (dont 22 de la sélection nationale) et les 5 membres de l’équipage décèdent dans l’accident. Les membres (joueurs et staff) de la sélection zambienne décédés lors de ce crash, sont enterrés à Heroes’ Acre juste à l’extérieur du stade de Lusaka, capitale de la Zambie.

Il faut maintenant parler de celui qui n’était pas là et qui a échappé à la mort miraculeusement. Il s’agit de Kalusha Bwalya, le joueur le plus capé et le meilleur buteur de l’histoire de la sélection zambienne (50 buts en 100 sélections). Juste pour l’anecdote, il avait fini deuxième meilleur buteur des JO 1988 de Séoul derrière Romario. Cette année-là, il avait été élu joueur africain de l’année. Kalusha n’était pas du voyage car il jouait avec son club le PSV. Il devait rejoindre la sélection plus tard.

C’est sur lui que tous les espoirs d’une nation (s’il en restait) se sont reposés. Il accepte le défi de reconstruire une équipe afin de participer à la Coupe du Monde 1994. « Cette décision fût prise par le gouvernement, la fédération, et le peuple, a-t-il expliqué plus tard. J’étais l’ancien capitaine, et nous partagions le même objectif : participer à la Coupe du Monde« . Malheureusement, cet objectif n’a pas pu être rempli.

C’est donc vers la CAN 1994 que les efforts vont être mobilisés. Lors de cette compétition, la Zambie, portée par tout un peuple meurtri par ce tragique événement, arrive en finale. C’est un véritable exploit. Malheureusement, en finale, il seront battus par le Nigéria 2 buts à 1. Mais cette compétition est une victoire exceptionnelle pour cette équipe et ce peuple.

En 2012, près de 20 ans après le drame, c’est Hervé Renard qui était le sélectionneur de la Zambie. Quelques jours avant la finale de la CAN de 2012, sur la plage de Libreville, il avait déclaré à propos de cet exploit : « Quand une équipe de remplaçants est capable d’aller en finale en 1994, on se dit que le football est aussi une question de mental et de psychologie. A nous de nous en servir. Je sens que, quelque part, le nom de la Zambie est marqué ici ». Après, on connait l’histoire, la Zambie remporte la CAN face à la Côté d’Ivoire au terme d’une séance de pénaltys complètement folle (8-7).

Ce retour à Libreville a été vu comme un signe du destin pour cette nouvelle sélection zambienne qui a su honorer les héros de 1993.