Douze matchs doivent être joués pour pouvoir prétendre gagner la coupe aux grandes oreilles. Nous sommes le 13 Septembre 2005 et l’Olympique Lyonnais part à la conquête du Stade de France, où se déroulera la finale, en disputant son premier match de poule contre le grand Real Madrid, nonuple vainqueur de la compétition. Lyon se présente avec la grosse équipe tandis que les meringues sont affaiblis par les forfaits de Zidane et Ronaldo Sénior. Le Vestiaire du Sport te remémore ce match d’anthologie où les Lyonnais avaient croqué en une seule période l’un des favoris de la compétition.

Composition des équipes

Lyon : Coupet – Cris, Caçapa, Berthod, Reveillere – Diarra, Juninho, Tiago – Malouda, Wiltord, Carew
Real Madrid : Casillas – Salgado, Carlos, Ramos, Helguera – Garcia, Baptista, Gravesen – Robinho, Raùl, Beckham

Le match

En 45 minutes, l’affaire est déjà pliée…

Le premier quart d’heure est largement à l’avantage des joueurs vêtus de blanc. Et même si l’OL joue à domicile, c’est bien les merengues qui sont dans leurs couleurs traditionnelles. Après une petite banderille de Carew sur une frappe contrée par Ivan Helguera, David Beckham, pas encore égérie des calbutes H&M, puis Roberto Carlos, sur coup franc, font trembler les 40309 spectateurs du Stade Gerland.  Sept minutes de jeu et on se dit déjà que les Lyonnais vont prendre une sacrée valise. Et pourtant…
On joue la vingtième minute de jeu et Michel Salgado a la très mauvaise idée de faire une faute aux abords de la surface. On imagine Luxemburgo, l’entraineur de l’époque du Real, qui a passé la semaine à demander à ses joueurs de ne surtout pas faire de fautes inutiles, être complètement dépité quand il a vu l’arbitre sifflé. À cette époque, faire une faute aux abords la surface quand on joue l’OL, c’est un peu comme quand t’es poussin et que ton entraineur te demande déjà de ne jamais relancer dans l’axe. C’est incrusté dans le football. L’artilleur brésilien pose son ballon et envoie une feuille morte dans l’amas de joueurs dans la surface. Avec un peu de chance, le ballon tombe sur le crâne lisse de Carew et celui ci ouvre la marque en déviant la trajectoire du ballon que Casillas ne peut qu’effleurer avant qu’il vienne s’écraser dans les filets (1-0).
Le Real, après une bon début de match est cueilli à froid mais ne va pas tarder à réagir par l’intermédiaire de Baptista qui trouve, trois minutes après l’ouverture du score, le poteau des cages de Grégory Coupet. Oh oui Greg il la sort ? Mets la clim, il est sauvé par son poteau. Le Real venait de laisser passer sa chance, définitivement.
À la 26ème minute de jeu, l’emboucaneur de Juninho plaçait son ballon à un peu plus de 30 mètres des buts de Casillas, plein axe. Tu sens dans le regard du gardien espagnol, qu’il s’est clairement dit qu’il était dans la merde et qu’à moins qu’un pigeon vienne complètement dévier la trajectoire du ballon qui aurait pu finir dans les travées du stade, il ne voit pas comment il va pouvoir arrêter cette merveille de frappe flottante. Manque de chance, le pigeon ne viendra jamais et Casillas ne peut que constater les dégâts. 2-0 en 25 minutes, les Galactiques sont à terre et ne s’en relèveront pas. Et c’est pas fini…
31ème minute de jeu, tu sens le Real au bord de l’implosion, qui prend la marée des deux côtés, un coup c’est Malouda, un coup c’est Wiltord mais dans tous les cas, ça fait occasion. Une-deux-trois entre ce dernier et Réveillere qui lui centre sur le pied droit et l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux ne se fait pas prier pour renvoyer le Real à ses devoirs (3-0). Trois pions en une demi heure, c’est quasiment un rêve surtout quand tu te tapes un vieux Lille-Bordeaux trois jours avant en Division 1 et que ça fait un bon gros 0-0 des familles. Et le pire dans tout ça, c’est que ça aurait pu être pire si Juninho, dans tous les bons coups de cette soirée étoilée, n’avait pas manqué son pénalty avant le retour au vestiaire sur une énième faute de Salgado. Mr de Santis renvoie les 22 acteurs aux vestiaires. Enfin 11 acteurs et 11 figurants plutôt.

Une deuxième période en guise de digestif

T’imagines, tu viens de t’envoyer une énorme entrecôte 400 grammes avec frites et salade à volonté et le serveur te propose un dessert ? Il énumère la liste et voila les profiteroles qui font leur apparition. Tu te laisses tenter. Mais t’as plus vraiment la place. C’est de la gourmandise ? Dis toi que les spectateurs de Gerland ont à peu près le même sentiment quand les 22 joueurs refont leur apparition sur le terrain. Trop d’émotions d’un coup. Ni Baptista à la 48ème minute de jeu, ni Roberto Carlos (50ème) et encore moins Raùl n’arrivaient à tromper la vigilance de la défense lyonnaise. Et quand la défense ne répondait pas présente, il suffisait d’envoyer un petit texto sur le portable de Coupet pour lui demander d’arrêter l’ensemble des ballons dangereux afin que la soirée reste parfaite. L’addition aurait pu être encore plus salée si Fred, qui avait remplacé Carew quelques minutes plus tôt, n’avait pas vendangé une occasion de but toute faite en fin de match.

Et après ?

L’olympique lyonnais termine premier de son groupe devant le Real Madrid après un nul au Bernabeu 1-1, Rosenborg et l’Olympiakos. En huitièmes de finale, les joueurs de Gérard Houiller font face au PSV Eindhoven qu’ils étrillent 5-0 sur l’ensemble de la confrontation. En quart de finale, ils tombent finalement face au Milan AC (0-0, 3-1) et ne verront pas le dernier carré qui auraient pu les voir se confronter à l’ogre barcelonais vainqueur de la compétition à Paris face à Arsenal sur le score de 2-1.