Avec les bonnes performances de Monaco et Lyon, le football français ne s’est jamais aussi bien porté que lors de cette saison 2016-2017. La Ligue 1 est de plus en plus attractive et le suspens est à son comble pour la fin de saison. Alors, peut-on dire qu’une fois n’est pas coutume ou cette tendance est-elle amenée à se confirmer dans le temps ? 

Si l’on prend l’indice UEFA et qu’on évalue chaque place de chaque pays sur les cinq dernières années, les moyennes sont assez intéressantes et une tendance se dégage désormais. La France a fait le trou sur le Russie alors que le Portugal reste un cran derrière. Sur cette année 2017, le classement ne reflète pas les moyennes des cinq dernières années. L’Espagne caracole en tête et n’est pas prête de se faire détrôner. L’Allemagne et la France suivent alors que les moyennes classent l’Allemagne et l’Angleterre sur le podium. C’est en cela qu’il est important de ne pas croire que les deux belles performances que sont en train de réaliser Monaco et Lyon qui nous placent en troisième au dernier classement, vont nous permettre de mieux figurer pour les années suivantes. Certes, elles y contribuent mais il faudra renouveler ça durant plusieurs années pour espérer de nouveau rivaliser. L’Italie reste quatrième mais la tendance est plutôt à la baisse alors que la France a plutôt une tendance à la hausse.

Il est difficile d’expliquer ces deux tendances mais un point peut être développé pour expliquer celles-ci. En effet, les championnats espagnol, italien, et allemand sont dominés depuis plusieurs années par trop peu d’équipes. Si l’on prend le championnat espagnol, depuis 2000, seulement trois clubs (Atlético de Madrid, Valence et le Deportivo La Corogne) ont réussi à glaner le titre de champion hors Barcelone et le Réal Madrid. En seize ans, les deux mastodontes n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. Idem pour le championnat allemand où seulement trois équipes  (Wolfsburg, Stuttgart et le Werder de Brême) depuis 2000, ont réussi à gagner un championnat hormis le Bayern Munich et le Borussia Dortmund. En Italie, c’est la même chose. Depuis 2000, seulement quatre autres clubs ont réussi à prendre le titre à la place de la Juventus Turin qui l’a gagné cinq fois d’affilé depuis 2012 et qui est promis à le gagner encore cette année. Il y a donc un manque de compétitivité pour les clubs champions par rapport aux autres clubs qui composent leur championnat respectif. Mais est-ce un argument valable pour la scène européenne ? Si on résume de façon rapide, de nos jours, il y a deux clubs en Espagne, deux clubs en Allemagne, un club en Italie. Personne ne rivalise avec eux. Et pourtant, le Réal et le Barca n’ont jamais autant gagné de Ligue des Champions que ces dernières années. La Juventus Turin est en finale cette année. Le Bayern Munich est souvent dans le dernier carré. Finalement, la compétitivité ne joue pas sur les clubs bien implantés et qui dominent depuis longtemps. En Angleterre, il y a cinq ou six clubs que se disputent chaque année le titre de champion. Cette compétitivité demande des efforts considérables chaque week-end aux clubs qui ne sont pas capables de les reproduire en milieu de semaine en Europe. Il faut trouver le juste milieu entre compétitivité trop forte et échec en Europe et compétitivité trop faible, désintérêt du championnat et s’assurer un bon parcours en Ligue des Champions.

Qu’en est-il pour la Ligue 1 ? Elle a souvent été critiquée pour son niveau de jeu, une pression fiscale beaucoup trop importante qui pèse sur les clubs, une mondialisation insuffisante, mais on a pu voir qu’il n’y avait pas une réelle différence de niveau entre chaque compétition. Depuis 2014-2015, les clubs français sont de plus en plus représentés à l’échelle européenne. Les dernières bonnes performances de Monaco et Lyon permettent d’envisager un avenir meilleur. Même si cette embellie dépend des bonnes performances sur le long terme, on constate qu’il y a une certaine homogénéisation des niveaux des différents championnats qui pourraient permettre à certains clubs français de refaire leur retard. L’arrivée de nouveaux investisseurs dans les clubs devraient permettre de générer beaucoup plus de profits économiques et sportifs. Si l’on regarde le classement actuel de notre Ligue 1, nous constatons que les cinq clubs dont des actionnaires étrangers ont investi dans le capital, se placent en tête du classement : Monaco, Paris, Nice, Lyon et Marseille. Ce qui tend à prouver que les efforts financiers consenties par ces investisseurs payent à un moment donné. On peut donc imaginer un bel avenir pour l’Olympique de Marseille et l’Olympique Lyonnais , tout nouvellement rachetés et une vraie continuité dans les résultats des trois autres. On remarque donc que l’aspect économique est directement lié à l’aspect sportif. Finalement, plus il y aura de clubs français qui se feront racheter par des investisseurs étrangers ou nationaux, plus la Ligue 1 sera compétitive. Avant, le championnat français était dominé largement par le Paris Saint Germain. Désormais, et grâce à la venue d’investisseurs, on ne connaitra plus d’avance le vainqueur. Il y a une certaine forme d’indécision qui se reforme et tout le monde sait que le suspens fait la beauté du football. De plus, la possibilité d’accueillir de plus en plus de stars en raison d’un budget plus important va permettre à notre championnat d’avoir un meilleur rayonnement. Le mercato hivernal en Ligue 1 est souvent critiqué pour son manque de folie. Depuis vingt ans, les clubs préfèrent laisser partir leurs différentes pépites plutôt que de les garder ou d’investir de l’argent sur certains joueurs. Mais pas en 2017. Les équipes qui avaient de l’argent l’ont investi plus qu’il n’en ont gagné. C’est à dire qu’il y a plus de d’atterrissages de joueurs en France que de décollages vers d’autres pays et équipes supposées mieux cotées. Même d’anciens joueurs qui étaient partis il y a quelques années pour des championnats réputés meilleurs sont revenus dans notre championnat.

La tendance est donc plutôt encourageante pour les prochaines années. Avec l’arrivée de nouveaux investisseurs dans certains clubs de l’élite, les équipes ont pu ou vont pouvoir se renforcer pour augmenter la compétitivité de notre championnat en ne laissant pas un boulevard à Paris chaque année pour remporter le titre. Mais cette élan ne s’arrête pas aux joueurs mais aussi aux entraineurs. Jardim, Emery, Garcia entrainaient tous des clubs dans de pays étrangers. Emery à Séville gagnait tout, et il a préféré rejoindre la France et le Paris Saint Germain. Jardim entrainait le Sporting Portugal qui à l’époque était mieux classé que le France à l’indice UEFA et pourtant cet entraineur a été recruté par l’AS Monaco qui figure actuellement à la première place du championnat de France. Rudy Garcia entrainait l’AS Rome avant de revenir entrainer en France. Il y a donc une vraie ferveur autour du championnat français. Sportivement et économiquement, une vraie attractivité est en train de s’installer et les bonnes prestations des clubs français en Ligue des Champions et en Europa League confirment cette bonne phase.