Le nouveau système économique de contrôle des dépenses en France en vue d’être rentable a des répercussions sur l’exposition d’un club à travers la scène européenne. Ses performances sportives sont donc liées avec les gains économiques qu’il génère, ses profits et pertes mais aussi son image à travers l’Europe. Se qualifier pour une coupe européenne augmente considérablement les droits télévisuels, ce qui permet de meilleurs revenus. A contrario, une non qualification ou une élimination précoce sont des manques à gagner pour les clubs, ce qui pourraient amener des pertes les empêchant d’investir et de rester compétitifs jusqu’à dans certains cas extrêmes arriver jusqu’à une descente à l’échelon inférieur voire un redressement ou une liquidation judiciaire.

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Les modèles économiques des différents championnats sont très concurrentiels. Les cadres législatifs et réglementaires varient d’un pays à un autre. Le Fair Play Financier adopté en mai 2010 et créé par Michel Platini ainsi que les bonnes gestions des clubs grâce aux organismes nationaux ont impact favorablement la santé financière des clubs européens. Seulement trois championnats sur les cinq possèdent un organisme de gestion : la France, l’Allemagne et l’Italie. Cependant, la France est considéré comme ayant le modèle de contrôle le plus abouti. La conjoncture des dernières années amènent les ligues européennes à limiter les montées et les descentes. On l’a vu en France cette année ou seulement deux clubs sont concernés par la descente automatique et un joue un barrage contre le troisième de l’échelon inférieur, contre trois équipes automatiquement reléguées précédemment. Avec cette nouvelle proposition, il est difficile de ne pas penser que le football va devenir un sport fermé. Cependant, le but de cette décision est de limiter l’aléa sportif pour ainsi éviter à moins de clubs des situations sportives et financières désastreuses. Au niveau des charges, Saint Etienne, par exemple paye plus de charges que l’ensemble des clubs de la Liga espagnole. Alors, certes, il y a une meilleure gestion des coûts en France qui permet d’équilibrer au maximum les recettes et dépenses des clubs français, mais on constate qu’il y a une inégalité de coté là qui se répercute sur les performances sportives des clubs. Plus de charges pour les entreprises (clubs) et moins d’argent pour les salariés (joueurs) sont les principales raisons de l’exode de plusieurs joueurs à fort potentiel dans des championnats où la réglementation est moins stricte et où ils tireront de meilleurs bénéfices sportifs et économiques.

En Angleterre, c’est la FA qui s’occupe du championnat. La FA est une société privé regroupant vingt actionnaires qui sont les vingt clubs de Premier League. Lorsqu’un club descend à l’échelon inférieur, ses actions sont données au club qui monte. C’est à dire que la FA gère finalement la plus haute hiérarchie du football anglais sans se préoccuper des autres divisions qui sont elles gérées par la Football League. Le fait de ne seulement gérer la Premier League permet de prendre des décisions qui favorisent la limitation du pouvoir du souverain, ce qui ne remet, en aucun cas, en cause la solidarité entre les clubs mais dans un cercle très fermé. Lorsqu’on s’attarde sur le choix des championnats par rapport à l’alcool dans les stades, on se rend très vite compte que c’est un manque à gagner pour les clubs et les pays qui n’acceptent pas la consommation d’alcool.

L’Allemagne est le seul championnat qui accepte la vente d’alcool dans les stades, ce qui lui rapporte 40 millions d’euros annuels en plus du sponsoring lié aux marques d’alcools qui rapportent 24,2 million d’euros annuels. À contrario, la France interdit la vente et le sponsoring liés à l’alcool, ce qui apparait clairement comme un manque à gagner. Même si les autres championnats comme l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie interdisent la vente d’alcool, il n’en est pas moins impossible de trouver des publicités et du sponsoring lié à l’alcool dans les stades.

Au delà de l’alcool dans les stades qui peuvent rapporter énormément, c’est aussi au niveau des transferts que les inégalités se forment et que les performances sportives ne peuvent pas aller sans certains avantages économiques. Par exemple, l’Espagne a autorisé pendant de nombreuses années le TPO et l’Italie celui de la copropriété. Pendant que certains clubs étrangers profitaient du système, le championnat français n’y a pas eu droit dès le début. Ce qui a permis à des clubs espagnoles de gagner des titres, et d’apparaître dans le Top 20 des clubs européens et de s’y maintenir encore aujourd’hui. On constate donc une réelle transformation des modèles économiques européens au niveau du football. Les clubs deviennent de plus en plus des entreprises qui cherchent la rentabilité en diversifiant au maximum leurs sources de revenus. La qualité des enceintes sportives, la rentabilité économique et la volonté de se développer au niveau mondial mettent en avant la corrélation qu’il existe entre économie, finances et performances sportives. D’ailleurs, il n’est pas étonnant de voir qu’aucune équipe n’a gagné de manière surprenante (avec un budget moindre dans un championnat moins coté : Porto en 2004) la Ligue des Champions réservée exclusivement aux cadors.