La dernière levée du Grand Chelem bat son plein. Sous la chaleur et l’humidité new-yorkaise, les meilleurs joueurs du monde se battent comme des beaux diables pour essayer d’exister. Après surprises, coups de tonnerre, déception ou confirmation, il n’en reste plus que huit. Le Vestiaire du Sport est là pour t’apporter sa douce analyse de ces quatre quarts de finale. Alors, prends ta Bud Light, mets toi à l’aise, on y va.

Nadal (1) vs (9) Thiem 

Le remake de la dernière finale de Roland Garros. Le bon gros duel de bûcherons en night session comme on adore.

Très honnêtement, on attendait pas l’autrichien à ce stade de la compétition. Depuis sa finale porte d’Auteuil, il avait complètement perdu confiance et enchaînait les contre-performances à vitesse grand V. D’autant plus qu’on lui connaissait un réel blocage au stade des huitièmes de finale en Grand Chelem –hormis à Roland évidemment-. Mais il nous a sorti une magnifique prestation contre le finaliste en titre Kevin Anderson et l’a littéralement atomisé en 3 petits sets. Dominator est à New York cette année, et on ne va pas bouder notre plaisir.

En face, le taureau est là. Costaud et de nouveau vêtu de son plus beau marcel. Ce tournoi n’a pas été un long fleuve tranquille, notamment contre le jeune et très prometteur Khachanov au 3ème tour. L’espagnol a dû s’employer pendant plus de quatre heures pour en venir à bout. Avec au passage, une balle de set stratosphérique pour boucler le 3ème acte. Un vrai tournant dans ce match au couteau.

Concernant notre belle affiche, on peut avoir droit à un vrai match de tennis. Rafa est « bousculable » et on sait que Thiem a quelques armes intéressantes pour gêner l’espagnol. La qualité de service de l’autrichien va être déterminante. S’il n’est pas à la hauteur dans ce secteur de jeu, il risque de se faire croquer petit à petit. En tout cas, Dominic n’aura absolument rien à perdre, il a déjà fait son tournoi et prouvé qu’il pouvait briller partout. Il a récupéré la confiance. Et on sait à quel point il peut être dangereux. A Rafa d’hausser un peu son niveau de jeu s’il veut garder une chance de conserver son titre et d’ajouter une 18ème couronne en Grand Chelem à son gigantesque palmarès.

Prono : Rafa en 4 manches

Del potro (3) vs (11) Isner 

Delpo et New York, c’est une vraie histoire d’amour. Auréolé en 2009, il est revenu des enfers l’année dernière contre Thiem avant de terrasser Roger. Ce n’est qu’un Rafa injouable qui avait pu le stopper en demi-finale. Cette année, Delpo est assez impressionnant et sa dernière démonstration contre Coric n’en fait pas l’exception. Des winners en veux-tu en voilà et une solidité digne des plus grands. Il assume avec brio son nouveau statut de numéro 3 mondial.

En face, on a un Isner qui a retrouve une seconde jeunesse depuis Wimbledon. Il sort vainqueur des gros matchs maintenant. On l’a vu au tour précédent contre son jumeau canadien Milos Raonic. Jean ne fait pas que servir, Jean a élargi sa palette de coups, ce qui le rend d’autant plus dangereux.

L’argentin mène 7-4 dans leurs face-à-face, ce qui n’est pas réellement surprenant. Del potro sait faire un peu plus de choses et ça se ressent lors des jeux décisifs. Mais les deux derniers matchs sur dur ont été remportés par l’américain. Je pense que la fraîcheur physique de Jean Martin risque de faire la différence, d’autant plus que la rencontre se disputera en day session.

Prono : Del potro en 4 sets

Cilic (7) vs (21) Nishikori 

Marin Cilic ou la force tranquille. Sa régularité en Grand Chelem depuis deux saisons impressionne. On parle très peu de lui mais il est très souvent là. Il a bien cru passer à la trappe face au jeune pousse australien De Minaur mais il s’en est sorti à l’expérience avant de dominer de la tête et des épaules David Goffin qui connait une saison compliquée.

Qu’est-ce que ça fait plaisir de voir Nishikori bien jouer de nouveau et retrouver les quarts de finale à New York. Il n’a certes toujours pas retrouvé son meilleur niveau mais il s’en rapproche dangereusement. Au tour précédent, il est tranquillement venu à bout de Kohlschreiber, tombeur d’Alexander Zverev.

Remake de la finale de 2014 au cours de laquelle le croate avait dominé les débats. On risque d’avoir un duel très accroché avec cette opposition de style très intéressante. Cilic semble un poil au dessus et devrait pouvoir rallier les demi-finales mais attention au japonais qui dort, il est toujours dangereux.

Prono : Cilic en 4 sets

Djokovic (6) vs Millman 

Et non, je suis désolé. Vraiment désolé. Mais il n’y aura pas d’énième Djoko-Federer. Un coupable sur qui décharger ses nerfs ? John Millman, australien natif de Brisbane et 55ème joueur mondial. Ce monsieur a réussi l’exploit de rouster Roger dès les huitièmes de finale. Le suisse menait tranquillement un set, un break avec un coca tranches. Mais il s’est relâché et l’australien ne s’est pas fait prier pour en profiter et remporter les trois manches suivantes 7-5 7-6 7-6. Federer a semblé un peu juste physiquement et au niveau de l’investissement et les points clés ont presque tous été remportés par Millman qui signe la plus belle victoire de sa carrière.

En face, on a un Djoko qui a commencé son tournoi diesel en laissant échapper quelques sets par ci par là. Mais hier, il a croqué très tranquillement Sousa, bourreau de Lucas Pouille. Le serbe est au top depuis Wimbledon et fait clairement figure de favori aux côtés du taureau majorquin.

On le sait, le « match d’après » est toujours très compliquée à gérer. Millman a clairement puisé physiquement et nerveusement et ce duel face à Djokovic risque d’être très complexe malgré la confiance emmagasinée.

Prono : Djokovic en 3 manches