Le dernier carré. Le ventre commence à se nouer, l’humidité fait encore plus de ravage, les spectateurs rangent le pop-corn et s’extasient. Pour les demi-finales de cette édition 2018 de l’US Open, on aura droit à deux belles affiches dont l’une est un remake de la dernière édition. Que demande le peuple new-yorkais ? Peut-être un Roger 5 étoiles. Mais on se satisfera très bien d’un très grand Nole. Plus affûté que jamais. Le taureau est là, le chouchou de Tandil aussi. Sans oublier petit Kei qui rivalise avec le serbe en terme de come-back. Analyse des quarts, pronos des demies, le Vestiaire du Sport est sur le coup et te délivre son point de vue sur un plateau. 

Nadal (1) vs (3) del Potro 

Nadal, Nadal, Nadal. Il nous surprendra toujours. Même 13 ans après son premier coup d’éclat à Roland Garros. La lutte qui l’a opposé à Dominic Thiem en quart de finale fut épique. Un de ces matchs hors du temps au cours desquels le tennis est monté tellement haut dans les cieux. Et pourtant, ça partait difficilement. En effet, Rafa a réussi l’exploit de se manger une bulle dans le premier set. Une bonne grosse bullasse avec seulement 6 points marqués. Peut-être l’un des pires sets de sa carrière. Mais malgré la cadence infernale imposée par le bûcheron autrichien, le taureau a su inverser la tendance pour remporter les deux manches suivantes grâce notamment à une grosse qualité de retour. La suite, on la connait : deux tie-breaks complètement irrespirables dont le dernier conclu par deux points à l’image du match : hors du commun. Nadal s’en est sorti : 0-6 6-4 7-5 6-7 7-6 en presque 5 heures de jeu. Mais Thiem a été grand, très grand. Et au vu de la traversée du désert qu’il a entreprise suite à sa finale à Roland Garros, c’est exceptionnel.

Delpo, le chouchou de New York, que dis-je, le chouchou de la planète tennis, a lui remporté son quart plus sobrement. Malgré un premier set concédé au tie-break, la tour de Tandil est venu à bout de John Isner, le géant américain, en 4 manches : 6-7 6-3 7-6 6-2. Un match maîtrisé, comme nous l’avions prédit. L’argentin assume parfaitement son récent statut de 3ème joueur mondial en allant chercher une deuxième demi-finale consécutive à Flushing.

Remake de l’année dernière. Rafa s’était imposé en 4 manches sans avoir trop été mis en danger. Il faut dire que l’argentin avait grillé pas mal d’énergie au tour précédent en venant à bout de Roger Federer. Cette année, la donne sera différente en ce que Delpo sera plus frais physiquement que son adversaire. Et il aura vraiment à coeur de prendre sa revanche et de retrouver le goût d’une victoire en Grand Chelem, 9 ans après. J’aurais tendance à dire que les clefs du match sont entre les mains de Jean Martin. En effet, s’il maintient une qualité de service très élevée et qu’il arrive à faire rater Rafa sur ses jeux de service, et ce, pendant 3-4 heures, je ne vois pas comment il peut perdre. Il a typiquement le genre d’armes qui gênent Rafa. Je parle évidemment de son énorme coup-droit qu’il peut jouer très très fort directement sur le coup-gauche de Rafa. Ce qui est le schéma de jeu qui met le plus l’espagnol en péril sur surface rapide. On l’avait notamment vu en 2009 quand l’argentin avait écrabouillé Nadal en demi-finale à New York. Mais depuis, Rafa a vraiment progressé sur surface rapide et s’est envoyé 3 Flushing et est devenu plus que difficile à bouger. Peut-être et surement aura-t-on la chance de voir un autre match marathon comme à Wimbledon il y a quelques semaines. Que les dieux du tennis nous entendent…

Prono : Rafa en 5 manches après un combat exceptionnel

Djokovic (6) vs (21) Nishikori 

Costaud comme Nole. Le serbe a enchaîné un deuxième match en 3 manches contre le tombeur de Roger, John Millman. Une victoire facile sur le papier : 6-3 6-4 6-4. Mais la réalité du terrain a été toute autre. L’australien a vraiment donné du fil à retordre au serbe dans le nouveau sauna Arthur Ashe selon les mots du dernier. Depuis l’installation du toit, le court central est devenu une véritable étuve au sein de laquelle il est vraiment compliqué de respirer et de trouver de l’air. Quoiqu’il en soit, le serbe prouve une fois de plus, quelques semaines après sa victoire à Wimbledon, qu’il est bel et bien de retour parmi les tous meilleurs. Et après l’enfer qu’il a vécu, on ne peut qu’être heureux pour lui.

Oh, un autre revenant. Nishikori tient enfin sa marque de référence depuis son retour grâce à cette victoire étriquée face au vainqueur de l’édition 2014, Marin Cilic : 2-6 6-4 7-6 4-6 6-4. Le japonais a pris sa revanche de la finale 2014 au cours de laquelle il s’était gentiment fait rouster par l’ogre croate. Et il l’a fait avec la manière. Avec ses jambes et sa précision d’antan.

Remake de la demi-finale de l’édition 2014. Le japonais avait réussi l’exploit de terrasser Djokovic. Mais les face-à-face entre les deux hommes plaident en faveur du serbe. Sans aucun doute. 14 victoire à 2. D’ailleurs, la dernière victoire acquise par Nishikori contre Djoko est cette demi-finale de 2014. Cette statistique est loin d’être surprenante en ce que Nishikori est en quelque sorte la copie conforme de Djokovic, en un peu moins évoluée. Un poil moins rapide. Moins bon service. Qualité de balle légèrement inférieure. Qualité de retour légèrement inférieure. Donc ça fait des beaux échanges, des rallyes pour ébahir les spectateurs mais on en arrive quasiment toujours à la même conclusion : à la fin, c’est Djoko qui gagne. Et au vu du niveau de jeu retrouvé par le serbe et de la confiance qu’il a emmagasinée depuis quelques mois, on ne voit pas comment Nishikori pourrait réussir à le bousculer. D’autant plus que Novak aura à coeur de laver cet affront subi quatre ans plus tôt.

Prono : Djoko en 4 manches maximum