Toi qui voit apparaitre sur ton mur Facebook des vidéos de mecs qui envoient des avions téléguidés en lucarne à longueur de journée alors qu’ils n’ont même pas été retenus dans un centre de formation, tu te demandes peut être pourquoi. Le Vestiaire du Sport t’éclaire encore plus que ce que le soleil ne le fait déjà. 

Allô ? C’est le Vestiaire du Sport qui te parle.

Un centre de formation peut être considéré comme une nécessité mais c’est tout aussi bien une contrainte puisque selon l’UEFA, si l’on prend les 25 joueurs sélectionnés pour les compétitions européennes, il est nécessaire que 8 joueurs proviennent d’un centre de formation local durant au minimum trois ans lorsqu’il il a entre 15 et 21 ans. De plus, sur ces 8 joueurs, au minimum quatre doivent être formés dans le propre club auquel ils jouent.
Dès l’âge de 5 à 6 ans, un enfant peut fouler ses premières pelouses dans un club de football mais la formation d’un jeune joueur ne peut débuter qu’à l’âge de 13 ans où il peut intégrer une structure que l’on appelle un pôle espoir. Cette structure est gérée par la plus grande instance française en matière de football, la Fédération Française de Football. Ce n’est seulement qu’à l’âge de 15 ans qu’un pratiquant de football peut intégrer un centre de formation d’un club professionnel qu’il soit de Ligue 1 ou de Ligue 2. Le but de ses centres de formation et des éducateurs qui y travaillent est de faire progresser le joueur tant sur l’aspect technique que physique tout en passant par le scolaire et l’éducation. Cependant, il est très difficile de percer dans le milieu du football puisque selon un rapport de l’UNFP et du Sénat, seulement 20% des jeunes joueurs évoluant dans un centre de formation se verront offrir un contrat professionnel à terme. Ce qui est très peu quand on sait le nombre de jeunes qui sont recrutés dès leur plus jeune âge. C’est parce que le taux de réussite est faible que les centres de formation n’éduquent pas les joueurs que dans le football. Le but est de mêler à la fois la pratique du sport mais aussi la formation scolaire. D’ailleurs l’UEFA dans les onze valeurs qu’elle a souhaité véhiculer a mis un point d’orgue à ce que l’enfant soit protégé tout en gardant un rythme scolaire normal, c’est à dire comme n’importe quel enfant qui ne pratique pas le football dans un centre de formation.

Les aléas dans les carrières de sportifs peuvent être nombreux : échec dû à un niveau trop faible, blessure, burn-out et il est important pour les plus hautes instances que les jeunes aient la possibilité de se retourner et de trouver une voie dans laquelle ils ont acquis, grâce à leurs études, des compétences nécessaires. Le nombre de pôles espoirs se compte à peu près sur les doigts de deux mains, une dizaine environ, le but étant que les jeunes qui arrivent dans ces pôles ne se retrouvent pas trop éloignés de leur ville d’origine et de leur famille pour garder un équilibre nécessaire à sa réussite. Les centres de formation prennent une place de plus en plus importante dans le football moderne et les plus cherchent sans cesse à améliorer ces centres pour donner un maximum de bien être et de qualité aux joueurs qui entrent dedans. Sans une formation excellente, il est difficile pour les clubs de rivaliser avec ceux qui en ont une. Les jeunes sont l’avenir du football et posséder un « crack » peut être sources de très bons résultats sportifs et de revenus économiques pour le futur. Cependant, tous les championnats ne possèdent pas des clubs réputés pour avoir de très bons centres de formation. Finalement, entrainer des jeunes joueurs, les faire progresser demande un savoir-faire que tout le monde ne peut pas se payer. Les meilleurs joueurs auront la chance de pouvoir vivre de leur passion, le football. Pour cela, les clubs misent sur une formation dès le plus jeune âge car il est de plus en plus fréquent de voir des jeunes de 16 ans fouler les pelouses de notre championnat. Être précoce dans le monde du football est souvent un gage de réussite future et serait même déterminant dans un milieu de plus en plus compétitif.

D’après le rapport de l’Observatoire du CIES en date du mois de Février 2016, l’arrêt Bosman est à l’origine de la multiplication des joueurs étrangers dans les différents championnats européens. En 1985, ils pesaient 9,1%. Il a doublé en dix ans pour atteindre 18,6% en 1995. Désormais, on constate que le pourcentage varie selon les championnats et peut être une raison de la qualité ou non des centres de formation. Le championnat qui possède le plus d’étrangers est le championnat anglais avec 43,1% de joueurs qui ne proviennent pas d’Angleterre. Il est suivi par la Liga espagnole avec 37,4 puis la Bundesliga complète le podium avec 36%. La Série A italienne est quatrième avec 34,7% et la Ligue 1 fait office de bon dernier avec 31,2%. Pourtant si on s’attarde sur la place du football français, on pourrait croire que cette place est mauvaise mais ce classement est trompeur puisqu’il signifie justement que si la part des étrangers est faible, celle des joueurs nationaux est forte. Et si, cette part de joueurs nationaux est élevé, cela signifie que les centres de formation sont de bonne qualité et forment des joueurs capables de suppléer l’acquisition d’un joueur étranger. D’ailleurs, au 6 Juillet 2016, le classement des meilleurs centres de formation place l’Olympique Lyonnais en tête devant le Paris Saint Germain, Toulouse et les Girondins de Bordeaux. Au niveau européen, la France est très bien représentée puisque Lyon est 4ème et la formation à la française place neuf équipes, soit à peu près la moitié, dans le Top 30 des centres de formation européens. Ces bons résultats impliquent forcément de bonnes retombées économiques pour les clubs français.