Aujourd’hui, on est vendredi. Le premier week-end de 2018 approche. Et le 5 janvier n’est pas un jour comme les autres en Allemagne et plus particulièrement à Munich, capitale de la Bavière. Le 5 janvier, c’est la date d’anniversaire d’Uli Hoeness, ancien très grand joueur de football allemand et actuel président du Bayern Munich. Le Vestiaire du Sport vous propose de revenir sur la carrière et la vie de cet homme pas comme les autres.

Une courte mais glorieuse carrière de joueur

Uli Hoeness nait le 5 janvier 1952 à Ulm en Allemagne. La ville est un avion tout va bien. Formé dans le club de sa ville natale, il est très vite repéré par le Bayern Munich qui l’intègre au sein de son équipe première dès l’âge de 18 ans.

Uli est un attaquant surdoué. Extrêmement talentueux, il permet au Bayern de remporter de nombreux titres dans les années 70. Trois Bundesliga de 72 à 74 et trois Ligues des Champions consécutives entre 74 et 76. Plutôt pas dégueus les bavarois à l’époque. C’était l’époque où t’avais des clubs comme Leeds United en finale de C1. Un autre temps.

Petit cours d’histoire indispensable avant la poursuite des événements. A l’époque de Mister Hoeness, l’Allemagne était divisée en deux : l’Allemagne de l’Ouest (RFA) et l’Allemagne de l’Est (RDA). Et Uli jouait pour la RFA qui était l’une des plus grandes équipes d’Allemagne de tous les temps. Victoire à l’Euro 1972 et surtout à la Coupe du Monde 1974. Coupe du Monde organisée justement en Allemagne de l’Ouest avec une finale de rêve au Stade Olympique du Munich face aux Pays-Bas. Petit Uli concède un pénalty dès la 1ère minute en faisant faute sur Cruyff. Pas très inspiré. Mais heureusement pour lui, Breitner et Müller ont ensuite marqué pour permettre à la RFA de s’imposer 2 buts à 1 devant son public.

Après une finale lors de l’Euro 1976 et une victoire lors de la Coupe Intercontinentale, Hoeness doit arrêter sa carrière très jeune, à seulement 27 ans, à cause d’une blessure au genou qui ne lui permettra jamais de retrouver son niveau. Seulement dix ans de carrière, mais quelles dix années.

Un manager puis président à succès

Directement après avoir mis un terme à sa carrière de joueur en 1979, il devient manager du Bayern Munich. A seulement 27 ans, il est le plus jeune manager de l’histoire de la Bundesliga. Précoce Uli, précoce.

Ce qu’on sait moins, c’est que parallèlement à ce poste, Hoeness a créé dans les années 80 une usine de saucisses extrêmement florissante dont le chiffre d’affaires annuel avoisinerait les 45 millions d’euros. Quand t’es fils de charcutier, ça te donne des idées et un goût assez prononcé pour la saucisse. Et quand t’es allemand, c’est le pompon.

Bref, côté football, Hoeness mène sa barque. Il aime bien gueuler quand il faut gueuler et prône toujours une gestion sage des finances. Une vision qu’il a su développer au sein du club bavarois qui est clairement le modèle du genre en Europe. Encore plus lors qu’il est devenu Président du club en 2009, prenant ainsi la place de son Altesse Franz Beckenbauer. Pas de dépenses inconsidérées lors du marché des transferts. Preuve en est, Corentin Tolisso acheté l’été dernier pour une quarantaine de millions d’euros, est le joueur le plus cher de l’histoire du club. Remboursement de l’Allianz Arena. Des comptes équilibrés. Le monde des Bisounours quoi. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça marche. Quintuple champion d’Allemagne en titre et vainqueur de la C1 en 2013, le Bayern fait partie, depuis des années, du top 4 européen.

Un petit tour par la case prison et un retour en fanfare

Mais voilà, tout n’est pas rose dans la vie d’Uli Hoeness. Malgré ses leçons de gestion d’argent à la tête du Bayern Munich, il a dû oublier de se les appliquer à lui-même. En janvier 2013, il se dénonce, de son plein gré, à l’Administration Fiscale allemande. 27 millions d’euros de fraude fiscale par le biais d’un compte en Suisse. Mais voilà, le parquet de Munich a jugé que cette dénonciation « volontaire » a été trop tardive et ne pouvait ainsi l’exonérer totalement d’une peine de prison conséquente à son délit financier. Résultat des courses, il est condamné début 2013 à 3 ans et demi de prison. Vous ne passez pas par la Case départ et vous ne recevez pas 200M€. Pire qu’un mauvais lancer de dés au Monopoly, Hoeness flingue totalement son image d’homme d’affaires respectable et exempt de tout reproche. D’un point de vue pratique, il a purgé seulement 21 mois de prison –grâce au jeu des remises de peine-, dont la moitié sous un régime de semi-liberté qui lui permettait d’être libre en journée et de passer uniquement ses nuits en prison. Mais, attends, c’est pareil quand t’habites avec ta meuf non ?

Bref, malgré tout ça, il semble que le Bayern Munich ne lui en tienne absolument pas rigueur. Après avoir dû démissionner de ses fonctions de président, Hoeness a été réélu à une très large majorité en novembre 2016. En toute détente. Et il ne lui aura pas fallu longtemps avant de balancer des punchlines acerbes envers ses concurrents qu’il qualifie d’indignes. Le PSG a pris bien cher au passage juste avant la double-confrontation de la fin d’année dernière en Ligue des Champions. Il a notamment déclaré : « Il va arriver un moment où tous ceux qui dépensent avec fracas autant d’argent, ne pourront plus se payer une baguette, parce que le succès sportif ne se programme pas comme se l’imaginent les pourvoyeurs de fonds ». Le type a un culot, c’est assez dingue. Mais après, c’est aussi à coup de phrases chocs et d’idéaux très radicaux qu’il a forgé sa réputation. Donc, cela reste du Hoeness qui fait du Hoeness, peu importe le contexte. Tout le monde a droit à une seconde chance, et cette histoire en est la plus belle illustration. Joyeux anniversaire Monsieur Hoeness. Et si les impôts vous filent la gerbe, on vous le conseille, ne venez pas de l’autre côté du Rhin, ça risquerait de vous rendre malade.