C’est sur la victoire à l’US Open de Rafael Nadal que se conclut la tournée de Grand Chelem 2017. Un constat très clair doit être tiré : le monde du tennis accueille depuis maintenant plus de 10 ans deux légendes qui sont, à mon sens, les deux plus grands tennismen de tous les temps. Le Vestiaire du Sport vous propose de revenir sur cette saison 2017 que l’on pourrait intituler : le retour des rois. 

On avait terminé 2016 avec un Andy Murray exceptionnel qui chipait la place de numéro 1 à son grand rival Novak Djokovic après la finale du Masters de Londres. Federer était OUT depuis Wimbledon et Rafa que l’ombre de lui-même depuis 2014 et son dernier sacre à Roland-Garros. Personne ne croyait possible un retour au sommet des deux légendes.

Mais, moins d’un an plus tard, la hiérarchie a été complètement bousculée. Rafael Nadal a récupéré la place de numéro 1 mondial et Roger Federer, sorti du Top 10 fin 2016, est son dauphin. Murray est 3ème, Djokovic 6ème. Mais que s’est-il passé ? Comment ce virage à 90° a-t-il été possible ?

Tout a commencé à l’Open d’Australie qui a été révélateur de la saison à venir. Djokovic et Murray devenus l’ombre d’eux-mêmes éliminés prématurément. Un Roger volant et un Rafa plus guerrier que jamais retrouvant de la longueur en coup droit et des jambes. Une finale somptueuse en guise de cerise sur le gâteau australien. Roger la remporte et laisse derrière lui « le complexe Rafa en finale de Grand Chelem » pour s’adjuger une 18ème couronne. Un premier titre du Grand Chelem depuis 2012, wouah !!! On commence à frémir. Et ça ne s’arrête pas là. Le suisse s’envoie sans broncher le doublé Indian Wells-Miami. Rafa se fait croquer par Roger sur les deux rendez-vous américains. Djoko et Murray sont toujours dans les choux.

Arrive la saison sur terre qui coïncide avec la naissance du Vestiaire du Sport. Roger doit se résigner. Il ne peut pas supporter un tel enchaînement de tournois sur cette surface. Il met de côté toute cette partie de saison. Rafa en profite pour montrer les muscles et s’envoie Monte-Carlo, Barcelone et Madrid. Seul le Masters 1000 de Rome lui échappe à cause d’un excellent Dominic Thiem qui le mange en quarts de finale. C’est finalement Alexander Zverev qui s’imposera en dominant Djokovic en finale. Arrive Roland Garros où pour la première fois depuis 3 ans, Rafa est le grandissime favori. Et le moins qu’on puisse à dire, c’est qu’il va l’assumer ce statut. Il roule sur tout le monde, ne laissant que des miettes aux autres. Thiem puis Wawrinka, le lauréat de l’édition 2015, sont renvoyés à leurs chères études. Le patron de la terre est de retour. Une decima au goût de come-back. 15ème couronne pour le taureau qui se détache de Pete Sampras et ses 14 titres. Roger et Rafa sont seuls au monde dans les nuages et ça fait 1 partout balle au centre.

On le sait, après la terre vient le gazon. Sortie du numéro 15 Rafael Nadal, entrée du numéro 18 Roger Federer. Le suisse, qui n’avait plus joué depuis 2 mois, fait son retour à Stuttgart. Mais là, sorti de nulle part, il arrive à paumer sur Tommy Haas qui sortait du +35 ans de Rueil Malmaison. C’est seulement la 2ème défaite de la saison pour le suisse mais qu’importe, dans les grands rendez-vous, il n’a jamais failli. On ne lui en tient pas rigueur. Il tient à se faire pardonner en s’alignant à Halle, son tournoi préféré. Il déroule et mange Zverev Junior en finale. Roger is back. Tout le monde débarque ensuite à Wimbledon au temple du tennis pour faire coucou au prince et à sa femme. On attend évidemment Roger mais aussi Andy Murray, qui souffre de problèmes de hanche. Le chouchou britannique doit s’incliner contre Querrey en quarts de finale. Djoko, quant à lui, abandonne au même stade de la compétition face à Berdych. Il mettra par la suite un terme à sa saison pour soigner son coude. On appelle ça une Roger dans le milieu. Rafa, quant à lui, perd un tour plus tôt contre le géant luxembourgeois Muller au terme d’un match complètement brank. Gilles s’impose au 15-13 dans l’ultime manche. Quant à Roger, il avance tranquillement et mange Raonic puis Cilic en finale. Il l’a fait, regagner dans son jardin 5 ans après. 8ème Wimbledon, 19ème Grand Chelem. 2-1 Roger.

Allez, on retourne sur dur. Let’s go to Montreal. C’est une joke là ? Tabernacle ! On part chez les caribous sans Djoko ni Stan qui ont stoppé leur saison. Murray s’ajoute à la liste des forfaits. Rafa et Roger ont la voie libre. Mais le taureau se fait dézinguer par Shapovalov. Roger arrive jusqu’en finale mais se fait mal et doit laisser Zverev remporter son 2ème Masters 1000 de la saison. Il doit renoncer à Cincinnati et laisse la voie libre à Nadal pour récupérer la place de numéro 1 au profit de Murray qui fait une fois de plus l’impasse. Malgré sa défaite face à Kyrgios en quarts de finale, l’espagnol redevient numéro 1 mondial, 9 ans après la première fois. Il doit défendre son trône à l’US Open face à Roger qui, en cas de titre, lui volera sa place (à noter que Murray doit encore se retirer). Mais heureusement pour le taureau, Jean Martin de la Poutre est passé par là et a terrassé le suisse en quarts de finale. Nadal brise ensuite la poutre et humilie Anderson en finale. 16ème couronne. 2 partout sur la saison.

Il reste encore 2 Masters 1000 et le Masters de Londres mais peu importe ce qu’il se passera, cette saison sera celle du duo de toujours Roger-Rafa. L’une des plus belles rivalités de l’histoire du sport qui nous a offert le plus beau match de l’histoire à Wimbledon en 2008.

Et juste pour info, depuis Wimbledon 2003 et le 1er titre du Grand Chelem de Roge, 58 tournois majeurs ont été disputés. 35 ont été remportés par ces deux ogres. T’en files 12 à Djoko puis 6 au duo-Murray-Stan. Il en reste 5 en 14 ans. Donc on peut reprocher ce qu’on veut à des Tsonga, Monfils ou Gasquet. Mais ils sont tombés en plein âge d’or du tennis, durant une période qu’on ne revivra plus jamais. En attendant, savourons parce que c’est bientôt fini. Et il vaut mieux se rendre compte maintenant de ce qu’on a plutôt que de regretter plus tard ce qu’on a plus.