Décidément, le mois d’août est riche en légendes. Après Roger Federer hier, c’est au tour de Rod Laver, autre légende du tennis, de fêter son anniversaire. Rod Laver, c’est un des plus grands de l’histoire, son armoire à trophées parle pour lui. Et avoir le court central d’un tournoi du Grand Chelem à son nom, c’est quand même la classe. Retour sur une carrière riche et exceptionnelle. 

Allô ? C’est le Vestiaire du Sport qui te parle.

Rod Laver est né il y a 79 ans, le 8 août 1938, à Rockhampton dans le Queensland en Australie. Pas la meilleure période pour naître d’un point de vue géopolitique tout ça tout ça. Mais bon, Rod, ça l’a pas empêché de faire ce qu’il aimait et de plutôt bien le faire.

En gros, on en avait déjà parlé quand on avait dressé le portrait de Bill Tilden, mais il y a un avant et un après 1968. Rien à voir avec Mai 68 ni avec les hippies de Woodstock, mais simplement du fait de la création de l’Ere Open. Avant 1968, les tournois du Grand Chelem, qui étaient plus ou moins les mêmes qu’aujourd’hui mais avec des surfaces différentes, (par exemple, c’était du gazon également en Australie et aux Etats-Unis) n’étaient pas ouvert aux joueurs professionnels. Ainsi, les 4 levées du Grand Chelem étaient réservées aux amateurs.

Cette précision est importante pour la suite. En effet, Rod Laver est le seul joueur de l’histoire à avoir réalisé le Grand Chelem, c’est-à-dire remporter les 4 tournois du Grand Chelem lors de la même saison. Et le petit Rod, comme il en veut toujours plus, il ne l’a pas qu’une fois mais deux fois. En 1962 et 1969. Tu comprends mieux maintenant ? En 1962, c’était avec les amateurs mais en 1969, il y avait tout le monde, tous les meilleurs joueurs du monde. Donc il n’y a plus rien à dire. Seul bémol à formuler : comme précisé précédemment, c’était sur 2 surfaces différentes uniquement (3 tournois sur gazon et 1 sur terre-battue). Aujourd’hui, c’est beaucoup plus dur car, pour réaliser cet exploit, il faut être le meilleur sur 3 surfaces, le dur ayant fait son apparition dans les tournois du Grand Chelem au cours des années 70. Cela n’enlève rien à ce qu’a réalisé Rod Laver mais c’est important de le préciser pour mieux comprendre l’extrême difficulté que cela représente aujourd’hui, d’autant plus au vu de la densité que l’on connait au plus haut niveau depuis plus de 10 ans.

Rod Laver, c’est en tout et pour tout 11 tournois du Grand Chelem (dont 8 en 2 ans). Mais il aurait pu en remporter bien plus. En effet, il n’a pas disputé le moindre tournoi majeur entre 1963 et 1967 (car jouant sur le circuit professionnel pour se faire de l’argent). Ce total le place tout de même à la 6ème place à égalité avec Björn Borg et évidemment derrière les deux monstres sacrés en lice cette semaine à Montréal, Roger Federer (19) et Rafael Nadal (15).

Rod Laver, c’est également 5 Coupe Davis, un total qui ferait pâlir d’envie tous les plus grands joueurs actuels, sauf Rafa. Il l’a notamment remportée en 1962, l’année de son premier Grand Chelem qui peut de ce fait être qualifié de Super Grand Chelem.

Pour l’ensemble de sa carrière, il a été intronisé au Hall of Fame en 1981 et il porte le nom du court central de Melbourne Park (Open d’Australie) depuis 2001. Il remet des trophées de temps à autre et montre sa petite bouille sur son court histoire de dire : « Moi, Rod Laver, je suis assis à la Rod Laver Arena ». Profite bien de ton anniversaire Rod, ta légende n’a pas d’âge.