En ce 23 Octobre 2018, nous avons le regret de fêter un triste anniversaire. Vous me direz qu’un anniversaire est souvent synonyme de bougies, de bonne humeur et de cadeaux et on ne peut que vous suivre dans cette idée mais pas là. Parce que oui, mesdames et messieurs, il y a sept ans, la France du rugby s’est faite volée. Ces mots peuvent paraitre durs mais il n’y en a malheureusement pas d’autre pour justifier cette mascarade à laquelle nous avons tous assisté en cette matinée d’automne. Le Vestiaire du Sport revient sur cette finale perdue contre la Nouvelle Zélande en finale de la Coupe du Monde 2011, pour se faire du mal une dernière fois. 

Le contexte : 

La France connait un début de Coupe du Monde difficile. Versés dans la poule de la Nouvelle Zélande, les Bleus se savent en danger. Et ils ont raison. L’équipe de Marc Liévremont s’impose assez facilement face au Japon et au Canada avant de subir la foudre des néo-zélandais. Le dernier match est une nouvelle déconvenue avec une défaite contre le Tonga. Celle la, personne ne l’avait vu venir. Les Bleus finissent deuxièmes et devront battre le fer avec l’Angleterre en quarts de finale. On attend à ce moment là une rébellion des Bleus, et celle ci aura bien lieu. Auteur d’un match fantastique, le coq français sort l’Angleterre avant de s’imposer sur la plus petite des marques, dans un match ultra fermé, contre les Gallois (9-8). Les Bleus sont en finale.
Les néo-zélandais ont connu une toute autre Coupe du Monde. Lors des matchs de poule, ils ont tout explosé sur leur passage. En passant 41 points au Tonga, 83 au Japon, 37 à la France et 79 au Canada, les néo-zélandais terminent premiers de leur poule. En quarts de finale, ils s’imposent face à l’Argentine (33-10) puis contre l’Australie (20-6) en demi-finale. Les néo-zélandais sont aussi en finale.

Les compositions d’équipe :

France : Maxime Médard, Vincent Clerc, Aurélien Rougerie, Maxime Mermoz, Alexis Palisson, Morgan Parra, Dimitri Yachvili, Imanol Harinordoquy, Julien Bonnaire, Thierry Dusautoir, Lionel Nallet, Pascal Papé, Nicolas Mas, William Servat, Jean-Baptiste Poux

Nouvelle Zélande : Israel Dagg, Cory Jane, Conrad Smith, Ma’a Nonu, Richard Kahui, Aaron Cruden, Piri Weepu, Kieran Read, Richie McCaw, Jerome Kaino, Sam Whitelock, Brad Thorn, Owen Franks, Keven Mealamu, Tony Woodcock

Le match :

Dans un Eden Park d’Aukland plein à craquer, les Bleus rentrent parfaitement dans la partie, imposants des temps de jeu monstrueux aux néo-zélandais qui sont un peu pris au dépourvu. Après leur victoire en phase de poules, ces derniers se sont peut être vus trop beaux, trop vite. Malheureusement, l’Equipe de France ne marquera pas de point lors de cette période de domination. Au quart d’heure de jeu, les néo-zélandais saisissent leur première occasion. Grâce à une combinaison entre Kaino et Woodcock lors d’une touche à cinq mètres de la ligne, ce dernier n’a plus qu’à aplatir dans l’en-but. La transformation est manquée, les Bleus ne sont menés que de cinq points (0-5). Mais comme un malheur n’arrive jamais les seuls, les Bleus vont voir sortir Morgan Parra sur blessure. Ce dernier aura passé 25 minute sur le pré à prendre tampon sur tampon. C’en est trop. Ce dernier est remplacé par Trinh-duc qui n’a plus joué en Equipe de France depuis plus d’un mois. Autant dire, rentrer dans un match comme ça, avec une telle pression serait insurmontable pour beaucoup mais pas pour ces Bleus la qui croient en leur bonne étoile. Et celle-ci se fait encore plus ressentir quand le buteur néo-zélandais, Weepu, rate un nombre incalculable de pénalités. À la mi-temps, les Bleus sont encore en vie et c’est déjà un exploit.

Dès le début de la seconde période, les néo-zélandais mettent la pression dans le camp français. Les bleus sont asphyxiés et concèdent une pénalité que Weepu ne veut pas tirer. Sa patte folle tremble trop après avoir échoué à trois reprises. Donald prend donc ses responsabilités et les néo-zélandais mènent de huit points dès les premières minutes du second acte (0-8). Mais les Bleus ne sont pas encore morts. Deux minutes plus tard, sur une passe millimétrée de Rougerie, Thierry Dusautoir s’en allait aplatir entre les poteaux. Les Bleus sont de retour et n’ont pas laissé longtemps les néo-zélandais sourire. Trinh-duc passe la transformation et les Bleus ne sont plus menés que d’un petit point (7-8). Il reste 30 minutes à jouer. Et c’est pendant cette dernière demi-heure que les Bleus se sont faits littéralement voler. À de nombreuses reprises, l’arbitre du match, le sud africain Craig Joubert décidera de ne pas offrir de pénalités aux français. Les ralentis sont formels. De nombreuses fois, les néo-zélandais se sont mis à la faute. C’était sans compter sur ce diable de Joubert qui avait à priori oublié de mettre ses lentilles de contact en se levant le matin de la finale. La fin de match est houleuse. Nous venons d’assister au plus grand vol de ce dernier siècle. Les Bleus méritaient leur étoile, ils repartent bredouille. Les néo-zélandais peuvent savourer, soulagés par une finale qu’ils n’imaginaient pas aussi difficile. Thierry Dusautoir est nommé homme du match. Tout un symbole. Auteur de plus de vingt plaquages, le capitaine français s’est démené… en vain.

Pour la petite histoire, les Bleus n’ont jamais retrouvé leur niveau. En 2015, une fessée contre la Nouvelle Zélande, encore elle, est venue enterrer les espoirs français en quarts de finale. La prochaine Coupe du Monde se déroulera dans un an au Japon. Les Bleus sont tombés avec l’Argentine, l’Angleterre, les Etats Unis et le Tonga. Autant dire qu’on attend peu de cette cuvée 2019.