Il y a 10 ans jour pour jour, le 10 avril 2007, se jouait le quart de finale retour de Ligue des Champions entre Manchester United et l’AS Roma. Cristiano Ronaldo était à United, Liverpool était un ténor européen, les qataris ne connaissaient pas le football, les finales de Master 1000 se jouaient en 3 sets gagnants, les Cavs allaient s’envoyer leur 1ère finale NBA (juste pour l’histoire, les Spurs les ont découpés). Enfin bon, ça parait loin tout ça.

L’époque du Grand United 

Van der Sar, Vidic, Ferdinand, Evra, Silvestre (on déconne), Scholes, Carrick, Giggs, Rooney, Cristiano… Du délire quoi. Une équipe de fou furieux. Ils avaient archi dominé la Premier League cette saison-là en étant premiers tout au long du championnat (sauf à l’issue des 5ème et 6ème journées). Ils allaient gagner les 2 suivants en 2008 et 2009. On appelle ça « domination » en français.

En ligue des Champions, ils avaient fini en tête d’une poule de nourrissons composée du Celtic Glasgow, Benfica et Copenhague. En 1/8ème de finale, le tirage leur donnait l’opportunité d’affronter Lille. Ils jouaient vraiment bien à l’époque, on vous promet. Les gens venaient au stade et tout c’était fou. Deux victoires 1-0 et une injustice plus tard -qu’on appellera la fourberie de Ryan-, Manchester se retrouve en quart de finale.

Une confrontation historique

Lors du match aller, les romains se sont imposés chez eux au Stadio Olimpico sur le score de 2 buts à 1. Le match retour à Old Trafford promettait d’être tendu.

Personne ne s’attendait réellement à ce qu’il s’est passé ce soir-là. Une soirée à part, un moment qu’on chérit lorsqu’on est fan de foot. Le temps s’est arrêté pendant 90 minutes. Les artistes mancuniens nous ont joué une partition d’une beauté presque inégalable.

9 minutes de folie ont permis de mettre le suspense à la cave (ou au grenier si vous préférez, enfin partout sauf dans le salon). Selon plusieurs études très sérieuses, c’est à peu près la durée idéale pour faire l’amour, Manchester a suivi le conseil et la Louve n’a pas bronché (Da Fonseca aurait été ravi). 3 banderilles coup sur coup de Carrick, Smith et Rooney ont illuminé le théâtre des rêves qui ne demandait que ça. Smith, Alan Smith. Sir Alex Ferguson avait décidé de titulariser son attaquant qui n’avait plus débuté un match depuis sa fracture à la jambe 14 mois plus tard. Belle anecdote.

CR7 enfonçait le clou juste avant la mi-temps. 4-0 à la mi-temps. La messe était dite.

Lors du deuxième acte, Cristiano ne s’est pas fait prier pour en planter un 5ème suivi ensuite par Carrick et finalement par… Patrice Evra. Et oui, Pat, le grand Pat, le monstre Pat qui est venu planter son petit but, comme ça, comme un grand, juste pour pouvoir dire à la fin qu’il est le meilleur latéral toutes planètes confondues. Et parce qu’il faut être complet, il faut aussi vous dire que De Rossi a marqué pour la Roma. A la 69ème minute. Ce qui vient une fois de plus confirmer le caractère déplacé et absolument animal de la performance des Red Devils. Mais bon il faut croire que la Louve aime ça. Le Bayern peut en parler après lui avoir également donnée la fessée en 2014 en phase de poules sur le même score mais à Rome cette fois-ci. La Roma n’a vraiment peur de rien.

Cette année-là, c’est le Milan AC qui gagna la coupe aux grandes oreilles. Après avoir battu Manchester en demi-finale, ils s’imposent 2-1 face à Liverpool en finale à Athènes.

En tout cas, on souhaite à Monaco de s’inspirer de ce chef d’oeuvre avant son quart de finale aller demain face au Borussia Dortmund. On laisse la vidéo des highlights, c’est aussi pour Jardim, pour qu’il « construise » son plan de jeu.