Nous sommes le 6 Septembre 1995, il est 20h45 lorsque Thierry Roland et Jean Michel Larqué prennent l’antenne en France, sur TF1 au stade de l’Abbé-Deschamps d’Auxerre. 15000 spectateurs se sont assis dans les gradins pour ce match comptant pour les éliminatoires de l’Euro 1996 dont l’affiche ne fait rêver personne. Et pourtant, encore aujourd’hui, les spectateurs savent qu’ils ont assisté à un grand moment d’histoire. Le Vestiaire du Sport se la joue rétro et t’emmène dans les coulisses de la plus large victoire de notre équipe nationale de football.

Composition de l’équipe de France

Aimé Jacquet nous concocte une équipe ultra offensive. Il décide d’aligner Lama dans les buts. On comprend pourquoi vue la faiblesse des attaquants adverses, Aimé s’est dit qu’il ne courrait pas grand risque. Angloma, Desailly, Leboeuf et Lizarazu forment la défense. Deschamps, Zidane, Guérin et Djorkaeff sont associés au milieu pour distribuer des caviars aux deux attaquants du soir Pedros et Dugarry.

Le match

Une première période maitrisée

Au moment d’affronter l’Azerbaïdjan, les Bleus ne sont pas dans une position favorable pour se qualifier pour le prochain Euro disputé en Angleterre. Une victoire est impérative pour rattraper les points perdus contre la Pologne au Parc des Princes quelques semaines plus tôt. L’arbitre maltais Alfred Micallef donne le coup d’envoi et le festival peut débuter.
À la douzième minute de jeu, Djorkaeff est alerté par Didier Deschamps. Le jeune joueur qui est aligné pour la première fois avec Zinédine Zidane centre pour la reprise de Dugarry qui est contrée. Enfin contrée, c’est ce que croit l’arbitre puisqu’aux vues des images, Christophe rate, comme à son habitude, sa reprise et un six mètre aurait du être sifflé. Sur le corner, Capitaine Desailly s’élève plus haut que toute la défense et crucifie pour la première fois le gardien Hasanov (1-0). Les Bleus continuent de pousser et cinq minutes plus tard, Vincent Guérin adresse un bijou d’ouverture pour Youri Djorkaeff qui d’une tête lobée durcit le score pour les Bleus (2-0). Et c’est ce même Guérin qui à la 35ème minute de jeu récupère le ballon au 50 mètres, s’avance et envoie une frappe qu’un gardien lambda arrêterait sans problème. Sauf que dans les buts, nous avons le père d’Ali Ahamada, et celui ci se troue complètement. Après ce but, l’entraineur ne fait plus confiance en son gardien et décide de le sortir prématurément. La France rentre au vestiaire avec un avantage conséquent (3-0). Le match est quasi plié mais les Bleus ont envie de se racheter de leurs dernières piètres performances.

Le festival au retour des vestiaires

Décidément les gardiens ne sont pas à la fête dans cette rencontre. Sadygov qui a remplace notre malheureux gardien de la première période, relâche un centre venu de la droite de Djorkaeff après 4 minutes en deuxième période. Reynald Pedros surgit et envoie une reprise de volée dans le but vide (4-0). Quelques minutes plus tard, sur un corner de Djorkaeff repoussé, Vincent Guérin récupère le ballon et adresse un centre parfait pour Franck Leboeuf qui nous claque une Madjer, pour le goût et vient tromper la vigilance, s’il y en a une, du gardien azerbaïdjanais (5-0). À la 57ème minute, Angola est remplacé par Lilian Thuram. Et 10 minutes plus tard, Zinédine Zidane part à grandes enjambées sur le côté droit et adresse une merveille de centre à Christophe Dugarry qui n’a plus qu’a opposé son crâne au ballon pour le pousser au fond (6-0). Un but 100% bordelais puisque les deux hommes jouent à cette époque pour les marines et blancs et se connaissent donc par coeur. Après ce but, Pedros laissera sa place à Ginola et c’est ce dernier qui adressera une magnifique ouverture à Zinédine Zidane qui viendra corser l’addition après un crochet monumental sur un défenseur dans les choux puis une frappe du pied droit dans le petit filet (7-0). Deux minutes plus tard, Guérin, décidément dans tous les bons coups, lance Leboeuf sur le côté droit. Ce match devient du n’importe quoi avec Francky qui se retrouve en attaque. Le numéro 5 fait mine de centrer, le gardien tombe dans le panneau et le joueur n’a plus qu’à pousser le ballon dans les filets (8-0). Quatre minutes plus tard, Guérin auteur d’un match stratosphérique avec un but et quatre passes décisives, lance Djorkaeff qui signe un doublé sur un piquet plein de sang froid (9-0). Christophe Cocard qui a remplacé un autre Christophe, Dugarry, un peu plus tôt dans la partie passera l’addition d’un chiffre à deux à la 90ème minute de jeu. En dribblant le gardien aux 30 mètres , le joueur d’Auxerre qui disputait ce match dans son stade, se jouait aussi des défenseurs avant d’envoyer une mine sous la barre (10-0).

Et après ? 

L’Equipe de France terminera deuxième (20 points) de son groupe derrière la Roumanie (21 points). À cette époque, les meilleurs seconds sont directement qualifiés pour l’Euro. Un classement est établi pour connaitre les moins bons seconds et la France termine 6ème sur 8 de ce classement. Les Pays Bas et l’Irlande sont respectivement septième et huitième et doivent se rencontrer pour un barrage qui verra les néerlandais s’imposer 2-0. La France terminera première de sa poule devant l’Espagne. En quart de finale, elle battra les Pays Bas aux tirs au but (5-4) avant de tomber face à la République Tchèque en demi finale (6-5) encore aux tirs au but à Manchester.