Neuf ans après, l’équipe de France de Coupe Davis retrouve la finale de la compétition. Emmenés par Yannick Noah qui a pris le capitanat en début de saison, les Bleus arrivent en finale à Lyon avec la casquette d’outsiders face aux tenants du titre américains. Retour avec le Vestiaire du Sport sur un week-end magique et complètement fou. 

Contexte de cette finale 

Dernière finale en 1982, dernière victoire en 1932. Soit une éternité. 59 ans, c’est long. Demandez au Stade Rennais. Depuis une petite dizaine d’années, la France ne vibrait plus, navigant de déceptions en déceptions. Et début 1991, il y a eu une volonté de faire bouger les choses avec la nomination en tant que capitaine de Yannick Noah, alors encore joueur sur le circuit professionnel. Le vainqueur de Roland Garros 8 ans plus tôt est là pour gagner. Et il met tout en oeuvre pour que les joueurs soient concernés et mieux préparés pour la compétition.

Israël au premier tour, l’Australie en quarts avec la première de Fabrice Santoro, la Yougoslavie en demies avec Arnaud Boetsch. Leconte et Forget sont les patrons de l’équipe. Mais Riton, blessé au dos, n’avait pas pu disputer les demi-finales et ne devait pas jouer la finale. Mais Noah a su lui donner tout l’énergie nécessaire pour se battre et se remettre à temps. Pari gagnant.

La finale 

Vendredi

Agassi bat Forget : 6-7 6-2 6-1 6-2

Agassi est le patron de l’équipe américaine. Même s’il est moins bien classé (10ème) que son jeune compatriote, c’est lui qui porte l’équipe américaine à bout de bras. Il domine en premier match, sans trembler, Guy Forget, vainqueur de Bercy quelques semaines plus tôt et nouveau numéro 7 mondial.

Leconte bat Sampras : 6-4 7-5 6-4

Riton s’est rendu disponible en se battant comme un lion. Il devait simplement jouer le double mais Noah lui a finalement fait confiance pour jouer les simples. Face à lui, Pete Sampras, 20 ans, qui a gagné sa place au détriment de Jim Courier numéro 2 mondial, grâce à sa victoire au Masters. Mais le jeune loup ne peut rien face à la fougue et la folie de Leconte, transcendé devant un public lyonnais acquis à sa cause. Quel bonheur.

Samedi

Forget et Leconte battent Flach et Seguso : 6-1 6-4 4-6 6-2 

Les deux patrons de l’équipe s’associent en double. Peu importe la fatigue. Peu importe tout le reste. Les patrons vont jouer tous les matchs, c’est Noah qui l’entend comme ça. Et bien lui en a pris. Face aux 5 et 6ème joueurs mondiaux, Forget et Leconte sont intraitables et offrent un point importantissime à l’équipe de France.

Dimanche

Forget bat Sampras 7-6 3-6 6-3 6-4 

Guy Love avait l’occasion de boucler le bordel face à Pistol Pete. Le numéro 1 français, battu par Dédé le vendredi, avait à coeur de prendre sa revanche et d’offrir le saladier à son pays. A noter que Forget avait battu Sampras quelques jours auparavant en finale à Bercy après un match de dingot en 5 manches. Mais, on le sait, un match décisif en finale de Coupe Davis ne ressemble à aucun autre. Et là, encore une fois, la magie a parlé. La magie lyonnaise a une nouvelle fois opéré et transcendé Forget. Le jeune Pete est littéralement bouffé par l’enjeu et l’ambiance. C’est Guy qui sort vainqueur de ce match de titans et qui permet aux Bleus de soulever le saladier après 59 ans de disette. On s’évite un match 5 de l’horreur entre Leconte et Agassi.

Quelle finale. S’envoyer deux Top 10, ça c’est une victoire en finale avec du panache. Vous êtes des héros les mecs.