C’était il y a 11 ans. L’affaire de la désignation des arbitres du Calcio, autrement appelée Calciopoli, éclate au grand jour. Quatre glands clubs italiens sont pointés du doigt : la Juventus de Turin, le Milan AC, la Lazio et la Fiorentina. Que s’est-il passé ? Quelles ont été les sanctions adoptées à l’encontre des clubs et de leurs dirigeants ? 

Allô ? C’est le Vestiaire du Sport qui te parle.

Tout commence en 2004. Des écoutes téléphoniques entre le directeur de la Juventus, Luciano Moggi, et Pierluigi Pairetto, chargé de sélectionner les arbitres pour les rencontres de championnat, sont demandées dans le cadre d’une enquête ouverte par le Parquet de Turin. Finalement, en septembre 2005, celui-ci décide de classer l’affaire car aucun fait de corruption ou d’achat de match ne peut être relevé.

Mais, deux ans plus tard, avant la Coupe du Monde 2006 (putain, elle fait du mal celle-là, merci David pour la barre, Merci Zizou pour le coup de crâne), les retranscriptions de ces fameuses écoutes sont publiées dans la presse italienne. Elles provoquent un véritable tollé, l’opinion publique s’indigne devant ces révélations fracassantes. Pour faire simple, Moggi donnait des instructions à Pairetto sur la désignation des arbitres des matchs de la Juve mais également des matchs des futurs adversaires de la Vieille Dame. Mais les trois autres clubs précédemment cités ont également eu recours à ce procédé. Mais, il faut souligner un point important : il n’y a eu aucun match truqué concernant cette affaire qui porte exclusivement sur la désignation des arbitres.

La commission disciplinaire du football italien se saisit alors de l’affaire. Concernant l’aspect purement sportif et ainsi les sanctions directement prises à l’encontre des clubs, tout se passe très vite. Avant le verdict, tous les administrateurs de la Juve, dont Moggi, démissionnent.

Le 14 juillet 2006, les premières sanctions tombent et elles sont lourdes : la Juve est déchue des ses titres de 2005 et 2006. Elle est rétrogradée en Serie B avec 30 points de pénalité. C’est comme si on t’obligeait à faire des tournois Challenger et à commencer tous tes jeux à 0-40. L’enfer. La Fiorentina et la Lazio sont également reléguées en Serie B avec moins de points de retard et le Milan AC est maintenu en Serie A, mais avec 15 points de pénalité. Compliqué de devenir champion avec ça.

Appel est interjeté par tous les clubs. La Cour fédérale d’appel rend sa décision le 25 juillet. Les peines sont allégées. Il n’y a plus que la Juve qui est rétrogradée en Serie B. Enfin, la cour arbitrale du comité national olympique italien vient à nouveau réduire les peines le 27 octobre. Le Milan, la Fio et la Lazio prennent entre 3 et 15 points de pénalité. Seul le Milan n’est plus privé de Coupe d’Europe. La Juve reste rétrogradée en Serie B avec 9 points de pénalité. Pour mémoire, la Juve remontera directement en Serie A en terminante 1ère du championnat. Trop de marge.

Concernant les dirigeants et les arbitres, des suspensions ont été distribuées à la pelle. Il n’y a pas d’intérêt de tout lister. Mais pour info, Moggi a pris 5 ans de suspension et Pairetto 3 ans.

Ce n’est pas la première fois ni la dernière fois que l’Italie est mêlée à des scandales de ce type. L’affaire des paris truqués vient nous le rappeler. Mais bon, pas de leçon à donner, on n’a pas toujours été blanc-bleu en France. Hein Nanar ? C’est déjà pas non plus l’exploit du siècle de battre Valenciennes, mais dans ces conditions, ça en devient dégradant.