Hier soir, le Paris Saint Germain a été humilié à domicile par une minuscule équipe de Manchester United. Une défaite 3-1 qui élimine le club de la capitale au stade des huitièmes de finale pour la 3ème saison consécutive.

Les mots me manquent au moment de qualifier le match qu’il nous a été donné de suivre hier soir au Parc des Princes. Cette déroute collective et individuelle est encore plus criante que celle du Camp Nou deux ans auparavant. A l’époque, Paris avait manqué de tout mais était tombé contre une équipe de Barcelone brillantissime. Hier soir, Paris a perdu contre une équipe décimée par les blessures et qui n’a pas été capable de se procurer la moindre occasion en 90 minutes.

3 buts encaissés sur 3 erreurs. 3 buts offerts sur un plateau. En huitièmes de finale de Ligue des Champions. Après les déboires des années précédentes. C’est impardonnable.

Deux hommes incarnent cet échec : Thilo Kehrer et Gianluigi Buffon.

Thilo, Thilo, Thilo. Comment est-ce possible de faire 90 minutes aussi solides dans un des stades les plus myhtiques du monde et de se rendre coupable d’une telle erreur à domicile après 60 petites secondes de jeu ?? Cette espèce de passe en retrait vers ton capitaine est une horreur absolue. Et en dit long sur la manière avec laquelle les parisiens ont abordé le match. Comme contre le Barça il y a 2 ans. Avec beaucoup trop de certitudes et de mépris. Mais quand on n’a jamais rien prouvé sur la scène européenne, qu’on prend des claques année après année, il est interdit d’avoir cette approche mentale. C’est une faute grave qui force un constat : ces joueurs-là sont de très bons joueurs de foot, mais ce ne sont en rien des champions.

Gianluigi Buffon est un grand champion, il l’a prouvé tout au long de sa carrière. Même s’il ne soulève jamais la coupe aux grandes oreilles. Mais le grand Jean-Louis est derrière. L’avoir mis en concurrence et le préférer à Alphonse Aréola, jeune gardien représentant le futur du football français à ce poste, est une ineptie. Je l’avais dit au moment de la signature, je ne débarque pas maintenant. Cela semble facile de tirer ce constat maintenant mais c’était évident qu’un événement comme celui-là allait se produire. Et si t’as besoin d’un mec d’expérience pour le vestiaire, pour apprendre aux jeunes ce que c’est que de faire des sacrifices et leur inculquer la gagne, embauche le en tant que directeur sportif ou membre du staff mais pas en tant que gardien numéro 1. Cette erreur à 1 partout, alors que le match était redevenu sous contrôle, et que rien ne pouvait laisser présager une élimination, coûte très très chère. Autant celle de Kehrer a été « réparée » presque dans la foulée. Autant celle-ci a précipité les parisiens dans leur trou.

Mais il n’y a pas qu’eux. Ce serait trop facile de leur imputer l’entière responsabilité de cette débâcle. OK c’est inadmissible d’en prendre 3 à domicile face à ce Manchester. Mais ça l’est presque tout autant d’en marquer qu’un seul. Et c’est là que les absences de Neymar et Cavani se sont faites ressentir. Autant, au match aller, elles ont été comblées par une rigueur et une discipline rarement observées sous l’ère qatarie. Autant dans un match à enjeu, avec un scénario difficile, le vide qu’ils ont laissé s’est révélé mortel.

Aucune âme, aucune révolte, un jeu stéréotypé, un manque de présence dans la surface, aucun maitre à jouer, pas de leader. Kylian Mbappé ne peut pas combler tout cela. Il n’a ni les qualités de numéro 10 de Neymar, ni le sens du but de Cavani. Et même s’il est décisif très tôt dans le match en offrant le premier but à Bernat, il a beaucoup trop raté par la suite. Et notamment et surtout ce face à face à la 84ème minute. Il a juste à crocheter De Gea tranquillement et pousser le ballon au fond des filets. Au lieu de ça, il glisse. Bernat suit et trouve le poteau. Le tournant. Un peu comme le face à face de Di Maria face au Barça il y a 2 ans. Et le retour de Mascherano. Certes, à l’époque, un pénalty aurait dû être sifflé. Mais à chaque fois, malgré tout, le PSG a l’occasion de s’en sortir et ne la saisit pas.

C’est trop dur de tout remettre sur Mbappé mais il manque de leadership et d’efficacité dans ces grands matchs couperet. Comme face au Real Madrid l’année dernière. Après, cette capacité-là peut s’acquérir avec le temps et l’expérience. L’exemple le plus frappant est celui de Cristiano Ronaldo. On lui a longtemps reproché de ne flamber que lors des « petits » matchs. Sur les 4 Ligues des Champions remportées par le Real en 5 ans, son efficacité lors des matchs à élimination directe fait froid dans le dos.

J’ai entendu certains commentaires hier mettant en comparaison ce match avec celui de l’Ajax face au Real la veille : « Oui, les grosses équipes se font surprendre, toutes les équipes jouent bien, c’est difficile ». Mais déjà, la déroute du Real, aussi terrible et humiliante soit-elle, intervient après 3 titres consécutifs. Les supporters ont une histoire et des souvenirs exceptionnels plein la tête pour s’en remettre. Ils allaient forcément finir par perdre. Avec Paris le raisonnement est inverse, on se disait : « ils vont bien finir par gagner et passer ce cap, ce n’est pas possible autrement ». Et une fois de plus, les supporters ont été déçus avec pour seuls souvenirs les humiliations des années précédentes.

Et ensuite, l’Ajax a joué un vrai match de football au Bernabeu. Ils ont joué comme un grand d’Europe, ils sont allés chercher leur victoire, personne ne leur a donné.

Et chaque saison, on se pose la même question : on fait quoi maintenant ?

Le coach a encore été changé. Faut-il encore changer ? Je ne pense pas. Tuchel a eu la bonne méthode toute cette saison. Il ne peut pas être responsable d’avoir sur le terrain des joueurs qui ne veulent pas être des champions ni écrire leur propre légende.

Est-ce qu’il ne faudrait pas taper plus haut ? Directement viser Nasser et par conséquent Enrique ? Nommer des vrais connaisseurs qui vont taper là où ça fait mal ? C’est ce qui se dit. Je trouve que ce serait une idée plus que judicieuse.

Et il faudrait aussi leur dire aux Mbappé, Verratti et compagnie. Quand vous sortez toutes les semaines à l’Arc pour faire les barbots avec des bouteilles de champagne et entourés d’instagrammeuses, CR7 et Messi eux ils sont en train de travailler et de creuser encore plus le fossé sans fin qui existe entre leur planète et la vôtre.

2017 : le PSG devient la première équipe de l’histoire à se faire éliminer après avoir gagné 4-0 à domicile au match aller

2019 : le PSG devient la première équipe de l’histoire à se faire éliminer après avoir gagné 2-0 à l’extérieur au match aller

2021 : le PSG se trouve une âme et une paire de couilles et gagne enfin un match qu’il doit gagner ? Les cartes sont entre vos mains.

Et non, je ne parle pas de la VAR pour le dernier but. Il y a pénalty. C’est interdit de sauter avec les bras décollés du corps. Erreur de nourrisson impardonnable. Matthieu Chalmé pourra vous en parler. Maestro d’un soir, pas d’une carrière.