Hier soir avait lieu l’un des matchs de football les plus attendus de l’année. Au-delà de l’Hexagone. Partout dans le monde. Et même avec la blessure de Neymar. Le PSG pouvait le faire. Ensemble ils pouvaient le faire, comme le brandissait le public parisien avant le coup d’envoi.

Mais il est bien là le problème, ensemble. Avec le PSG, ensemble n’existe pas. Malgré l’empilement, couche après couche, année après année, de stars toutes plus chères et toutes plus surdouées les unes que les autres, le PSG n’est toujours pas une équipe. Et face à ce Real Madrid là, même diminué, sans flamboyance, ça ne peut pas marcher. L’impression laissée par l’équipe parisienne me semble terrifiante. Pour comprendre et réaliser à quel point la prestation d’hier est dramatique, il faut remettre les choses dans leur contexte.

Le PSG version Qatar, version grand club construit pour tout gagner, est né en 2011. Depuis l’arrivée de Nasser et de tous ses sbires, Paris a joué 6 éditions de Ligue des Champions. Pas une, pas deux, pas trois, mais bien 6. Les parisiens ont eu 6 opportunités de montrer qu’ils faisaient partie des grands d’Europe. Avec certes un noyau de joueurs qui n’a pas bougé mais aussi avec des nouvelles arrivées enregistrées pour ça. Pour cette Ligue des Champions. Priorité absolue de Nasser depuis 7 ans. Javier Pastore, Thiago Silva, Thiago Motta, Marco Verratti, Zlatan Ibrahimovic, Edinson Cavani, Angel di Maria, Julian Draxler, Neymar, Dani Alves, Kylian Mbappé, et j’en passe. Une ribambelle d’énormes joueurs, tous plus techniques les uns que les autres. Et on parle des entraineurs ? Ancelotti, Blanc, Emery. Ils se sont tous cassés les dents. Avec un scénario quasiment identique et qui a tendance, et c’est terrible à dire, à s’empirer et à devenir de plus en plus dramatique.

Une phase de poules souvent très bien négociée. Très peu d’accidents, des matchs extrêmement bien gérés face aux équipes moyennes, souvent quelques difficultés face aux grosses cylindrées. Sauf quelques exceptions et me vient à l’esprit cette victoire acquise dans un Parc survolté en 2014 face au Barça sur le score de 3 buts à 2. Quel match, quelle équipe ce soir-là. Lueur d’espoir, vite éteinte par ce même Barça quelques semaines plus tard, qui, comme une grande équipe, avait pris la mesure de l’événement et de la tâche à accomplir.

Vous me direz, le PSG aura perdu 3 fois contre le Barça, 1 fois contre Chelsea, 1 fois contre City puis 1 fois contre le Real. Pas des manches à balais en face, pas des peintres en bâtiment comme j’aime bien dire. Mais c’est bien la façon avec laquelle les parisiens subissent l’élimination qui interpelle. Ok contre Chelsea, c’était cruel, on la met de côté. Ok, quand on fait 2 matchs nuls contre le Barça, on n’a pas à rougir. Ok, en 2015, le Barça était trop fort, nous avait collé deux branlées puis avait soulevé le trophée quelques semaines plus tard. Mais mesdames et messieurs, parlons des 3 dernières éditions. Oui, les 3 dernières.

2016 : Manchester City en quart de finale après avoir sorti Chelsea comme des hommes, comme des guerriers. On a eu droit à 2 matchs complètement vides, atrocement naze, contre un City qui était à des années lumières de ce qu’il est maintenant. C’était une occasion en or, et ils ont foutu en l’air tout le positif des deux confrontations contre Chelsea. Nasser commençait à s’agacer, la tête de Blanc a été coupée, Zlatan s’en est allé.

2017 : On l’a en tête, je vais pas en faire des caisses. Match aller EXCEPTIONNEL. Un des matchs de foot les plus aboutis de l’ère qatarie. Incarné par un pressing incroyable, une combativité jamais vue. A croire qu’Emery avait trouvé la formule. Sans Zlatan, avant Neymar, mais avec beaucoup beaucoup de coeur. Et ce match retour. Neymar était de l’autre côté du terrain et le PSG l’a bien senti passer. Un match tellement mal abordé, la peur au bide, et une soumission pendant 96 longues minutes, dont la dernière a fini par être fatale. Le coup de massue est d’une violence inouïe. Il faut apprendre de cet échec, réellement et rebondir. En avant Guingamp, 400 plaques balancées, on va chercher le 3ème meilleur joueur du monde et le futur meilleur. On se dit que cette année c’est la bonne…

2018 : Neymar blessé. Attendez, il était là au match aller, il était là au Bernabeu. L’équipe presque type était sur le terrain. Face à un Real très très moyen, ils n’ont pas été foutus de tenir le match. Non contents d’avoir pris 3 pions à partir de la 88ème minute 300 jours plus tôt, les parisiens coupent l’effort 10 minutes avant la fin. Mais les mecs, vous n’êtes pas Usain Bolt, vous n’avez aucune maitrise de l’adversaire. Parce que vous ne faites peur à personne. Même si le PSG commence bien ses matchs, et ouvre le score, ce qu’il a fait par Rabiot, les équipes en face ne baissent jamais les bras car connaissent les failles des parisiens et appuient dessus année après année sans qu’aucune opposition crédible et valable ne puisse être proposée. Le score du match aller était sévère mais la messe n’était pas dite. Loin de là. L’entre-deux-matchs a été terrible avec la blessure du seigneur, Ney, le sauveur, l’incarnation de ce désir sacré de soulever la coupe aux grandes oreilles. Parti au Brésil se faire opérer.

Mais les gars, réunissez-vous et faites le pour lui. Saignez-vous. C’est le moment ou jamais de se défoncer et de prouver au monde entier que vos millions, vous les méritez jusqu’aux derniers centimes. Mais, hier soir, vous avez fait tout le contraire. Aucune énergie, aucune envie, une résignation consternante, aucun mouvement, aucune intelligence de jeu. Di Maria a tenté mais encore une fois a TOUT raté sans que rien n’ait été fait pour que cette situation cesse. Non, on l’a laissé avoir la même liberté et tout foirer, minute après minute. Quelle frustration. Et Marco Verratti. Que dire de Marco Verratti ? Génie peut-être, et encore. Il y a beaucoup plus fort que lui à son poste, Isco l’a prouvé en sélection. 6 ans que l’italien fait les mêmes conneries. 6 ans qu’il nous plombe les matchs par sa bêtise et son immaturité. Les mecs là haut, les dirigeants, les entraîneurs, faites quelque chose, c’est votre job. Soit vous le faites évoluer, soit il dégage. Il a 25 piges le garçon, c’est plus un minot. Hier, il a été au summum de sa connerie, et à partir de son carton rouge, tout s’est arrêté. Même le but de Cavani paraissait venir d’un autre temps, tant il n’y avait rien sur le terrain. Le vide, le néant. Incarné aussi par Dani Alves. Allô les dirigeants, Alves, vous savez quel âge il a ? Il a 34 piges, il est rincé et met son équipe en danger dès qu’il touche la balle. Ok, il a des fulgurances, ok c’est un génie. Mais le Alves du Barça est mort et il ne renaitra pas. Vous avez Meunier putain, Thomas Meunier. Et pour couronner le tout, pour la première fois de votre histoire, vous perdez 3 matchs d’affilée en Ligue des Champions. Le gouffre dans lequel vous êtes tombés est abyssal.

Alors que faire ? La question qu’on se pose depuis 6 ans ? Aller chercher d’autres joueurs ? A quoi bon ? Cette équipe a besoin d’une âme de guerrier. Et pour ça, il faut des guerriers et un leader. Mais excusez moi, mais quand tu as Thiago Silva capitaine de ton équipe, tu as bien compris que ton leader, il va finir par foutre le camp. Le problème du foot, c’est que beaucoup de choses s’achètent, tu peux avoir les meilleurs joueurs, la meilleure pelouse, les meilleurs crampons, les plus grosses voitures, si t’as pas envie de jouer avec ton copain et si t’as pas l’humilité de te foutre à poil sur le terrain, tu finis par passer pour un con. Et les mecs, je suis désolé, mais vous êtes tous passés pour des cons.