On vous a laissé juste après la phase de poules, quand on pensait que le maître, Roger Federer, était toujours sur l’autoroute du soleil direction un 7ème Masters de Londres dans sa carrière. Trois jours plus tard, plus de nouvelle de l’horloger suisse qui a du déboiter sur la sortie demi finale sans qu’on s’en rende compte. Quand on regarde ce qui s’est passé, on se dit qu’on a peut être été un peu vite en besogne, et qu’on aurait du mettre un petit billet sur le bulgare Dimitrov. Le Vestiaire du Sport te raconte ce qu’il s’est passé ce week-end avec les demi finales et la finale, car on sait que tu étais trop occupé à regarder la pré-saison de biathlon, petit cachotier.

Samedi : Big Fed au tapis, Baby Fed en finale

Roger Federer (2) – David Goffin (7)

Le duel était clairement déséquilibré entre un homme qui a quasiment roulé sur tout le monde cette saison et un joueur qui n’avait jamais gagné contre son adversaire du jour en 6 confrontations. Il fallait bien que ça s’arrête. Le tennis, c’est pas du football et Bordeaux – Marseille, c’est pas Federer – Goffin. Et pourtant, le suisse avait vraiment mieux débuté son match en prenant dès le premier jeu le service du belge. 3-0 puis 5-1 après un nouveau break et enfin 6/2 pour empocher la première manche. À ce moment là, on se dit qu’on va assister à une nouvelle boucherie mais David Goffin va se rebeller. Et cette rébellion est passée par un jeu beaucoup plus long, une réduction considérable de fautes directes, à l’inverse du suisse qui les a enchainées. Un break très tôt, une alerte à 4-2 avec une balle de débreak à sauver et voilà le belge qui égalise à une manche partout, un peu à la surprise générale (6/3). La troisième manche est la copie conforme de la seconde avec un break très tôt de David qui mène pour la première fois du match contre Goliath. Une balle de débreak à sauver à 2-1 puis plus rien. Enfin si, un véritable exploit pour le belge qui aura livré une prestation XXL pour enfin battre son bourreau (2/6 6/3 6/4) en 1 heure 47 minutes. Federer aura complètement déjoué dans les deux dernières manches et aura commis une quarantaine de fautes directes, ce qui n’était plus dans son habitude.

Grigor Dimitrov (6) – Jack Sock (8)

Dans cette deuxième demi-finale, le duel est beaucoup équilibré même si le moins bien classé des deux mène 3-1 (avant ce match) dans ses confrontations face au bulgare. Dans la première manche, Dimitrov prend le meilleur départ et mène rapidement 3-0. Il obtient même une balle de double break mais ne parvient pas à la convertir. Et puis ? Et puis le match tourne complètement. Dimitrov commence à se crisper et Sock rentre enfin dans son match. Du coup, l’américain débreak et recolle à 3-3 puis break au meilleur moment, à 4-4, et ne flanche pas pour remporter la première manche sur son service (6/4). Dans la deuxième manche, il n’y a pas match. Sock continue d’envoyer des pralines mais la direction n’est plus bonne. Les bâches commencent à se trouer à mesure que l’américain dégaine de plus en plus fort mais surtout de plus en plus loin des lignes. 3 breaks en faveur du bulgare et la roue de bicyclette fait son apparition (6/0). Dans la dernière manche, Jack Sock est le premier à s’illustrer en obtenant une balle de break dès le premier jeu. Certainement le tournant du match, puisque derrière Dimitrov arrive à s’en sortir et les débats s’équilibrent. À 4-3 Dimitrov, le bulgare accélère et break au meilleur moment un américain qui commence à plier physiquement. Il n’est plus qu’à 4 points de la finale. Le dernier jeu est asphyxiant avec un Dimitrov qui mène 40-15 mais qui n’arrive pas à conclure. Jack Sock se procure même plusieurs balles de débreak mais manque d’expérience et c’est finalement Dimitrov qui, sur sa 4ème balle de match, peut serrer le point (4/6 6/0 6/3).

Dimanche : David moins fort que Baby Goliath

Grigor Dimitrov (6) – David Goffin (7)

Les deux joueurs se rencontrent pour la deuxième fois de la semaine. Le premier match avait débouché sur une boucherie (6/0 6/2) en faveur de Dimitrov et on voyait mal un autre scénario tant le bulgare a été impressionnant durant cette semaine de compétition. Dans la première manche et dès les premiers échanges, il na fallait pas bon servir puisque les deux hommes se breakent et se débreakent. C’est finalement Goffin, qui réussit à se détacher 4-2 mais perd le bénéfice de son avance très rapidement. À 6-5, le bulgare accélère sur le service adverse, se procure 5 balles de sets et finit par s’imposer 7/5 après avoir vu son bras droit devenir, pour la première fois du match, une éponge. Dans la deuxième manche, Goffin sauve une balle de break à 3-2 contre lui. Visiblement reboosté par ce sauvetage, le belge break dans la foulée le bulgare et mène 5-3. Goffin sert pour le gain du set et n’a pas le bras qui tremble. 4 points de suite, un jeu blanc et David égalise à une manche partout (6/4). Dans l’ultime manche du tournoi à l’O2 Arena de Londres, c’est le bulgare qui réalisera l’unique break à 3-2 en sa faveur. Il mène même 5-2 et obtient trois balles de match sur le service adverse. Et pour la deuxième fois du match, le bras de Dimitrov devient une éponge, il vient de signer son deuxième contrat Pampers, et David Goffin sauve ces 3 balles de match. Mais sur son service, le bulgare ne tremblera plus et finit par s’imposer (7/5 4/6 6/3) en 2 heures 18 minutes. Goffin peut être fier de son tournoi. Avec un genou aussi douloureux, il aura réussi à battre les deux meilleurs joueurs de la saison (Federer & Nadal), et peut prendre l’Eurostar pour rejoindre la France afin de disputer la finale de Coupe Davis. David arrive avec 100 kilos de confiance contre 1000 kilos d’angoisse pour nos bleus.

Grâce à cette victoire et les 1500 points qui vont avec, le bulgare prend la 3ème place au classement ATP. David Goffin gagne une place et se retrouve 7ème. Trois conditions pour que la saison prochaine soit palpitante : Roger Federer et Rafael Nadal doivent garder leur niveau de jeu actuel sans connaitre de blessure. Le retour de Djokovic, Murray et Wawrinka ne doit pas être un flop même si il y a fort à parier que ces trois hommes vont avoir une dalle d’ours. Et enfin, la next génération doit continuer à embêter les meilleurs. En tout cas, vivement janvier et le début de l’Open d’Australie car la planète tennis va nous manquer pendant ces deux mois.