La problématique du dopage est primordiale dans le sport. Certains sports sont plus touchés que d’autres par ce problème, le cyclisme et l’athlétisme en premier lieu. Mais les autres disciplines ne sont pas à l’abri de mauvaise actualité à ce sujet. Toujours est-il que peu importe le sport concerné, il existe une procédure à respecter, que ce soit au moment du contrôle, ou après, devant les organes compétents, une fois que le contrôle est déclaré positif.

Allô ? C’est le Vestiaire du Sport qui te parle.

Quelle est la procédure à respecter concernant le contrôle ?  

Le contrôle antidopage est la procédure par laquelle un sportif doit fournir un échantillon biologique (le plus souvent d’urine ou de sang) qui sera analysé afin de s’assurer qu’il n’utilise pas de substance(s) ou de méthode(s) interdite(s).

Ces substances ou méthodes interdites sont arrêtées chaque année par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) au sein du Code mondial antidopage. Les produits sont énumérés sous forme de liste. Liste qui est mise à jour chaque année avec l’introduction de nouveaux produits interdits ou leur sortie. C’est suite à une mise à jour pour l’année 2016 que le meldonium a été inclus au sein de cette liste. Or, c’est un médicament que Maria Sharapova consommait depuis de nombreuses années, et elle ne s’en cachait pas. Ayant des problèmes cardiovasculaires et de diabète, elle en prenait depuis une dizaine d’années. Or, son agent a été négligent quant à la vérification de la mise à jour de cette liste et Sharapova a donc été contrôlée positive début 2016 et condamnée. Nous reviendrons plus tard sur la procédure devant les organes compétents.

Parmi les produits interdits, on retrouve la famille des anabolisants, les modulateurs hormonaux, les agents masquants (qui permettent de cacher toute trace de produit dopant) ou alors les perfusions intraveineuses au-delà d’une certaine quantité et fréquence.

La procédure du contrôle comporte de nombreuses étapes qui doivent toutes être respectées : convocation portant mention du lieu et de la date du contrôle (sauf contrôle inopiné) ; vérification de l’identité du sportif par le préleveur lorsqu’il se présente au contrôle ; remise du kit d’échantillon au sportif qu’il doit répartir entre deux flacons A et B ; signature du procès-verbal de contrôle par le préleveur et le sportif sur lequel ce dernier peut ajouter tout commentaire quant à la prise récente ou régulière de certaines substances. L’échantillon A est ensuite contrôlé par un laboratoire certifié par l’AMA. L’échantillon B est congelé et il ne sera analysé que sur demande du sportif ou en cas de doute quant à l’échantillon A.

Que se passe-t-il si le contrôle est positif ?

Si le sportif concerné est contrôlé positif, une procédure disciplinaire doit être engagée. L’organe compétent n’est pas le même selon que le sportif est licencié ou non en France. S’il l’est, c’est la fédération concernée qui est compétente. S’il ne l’est pas, c’est l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). La fédération dispose d’un organe de première instance puis d’un organe d’appel. Ensuite, l’AFLD, même si elle n’est normalement pas compétente lorsque le sportif est licencié dispose d’un droit de regard quant aux décisions de la fédération à tel point qu’elle peut les réformer. Toujours est-il que peu importe l’organe compétent, le sportif peut in fine contester la décision devant le Conseil d’Etat qui est la juridiction suprême de l’ordre administratif (Articles L.232-24 du Code du Sport et L.311-4 du Code de justice administrative). En effet, la France a pris la décision de confier le contentieux du dopage au juge administratif. Certaines modalités doivent être respectées. Convocation de l’intéressé, réunion de la commission concernée avec la possibilité pour le sportif de prendre la parole pour se défendre, envoi de la décision par lettre recommandée avec accusé de réception et délai suffisant laissé au sportif pour faire appel de la décision s’il est condamné.

Cependant, contrairement à d’autres pays, les sportifs français ne peuvent pas faire appel devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) situé à Lausanne. Certaines fédérations ont accepté que dans certains cas, la procédure soit portée devant le TAS. C’est le cas notamment de la fédération russe. En effet, concernant le cas Sharapova dont on a parlé plus tôt, c’est le TAS qui, en dernier recours, a décidé de réduire la suspension de la joueuse de tennis à 15 mois. Le TAS est également compétent lorsqu’un contrôle positif intervient durant des jeux olympiques.

Les sanctions peuvent être diverses : interdiction temporaire ou définitive de participer à des compétitions ou de les organiser, retrait de titres ou de médailles, etc. Lance Armstrong a ainsi perdu le bénéfice de ses 7 maillots jaunes au Tour de France. On en perd tous des maillots dans sa vie, mais des comme ça, c’est une autre histoire.