A quelques jours de matchs importantissimes pour l’équipe de France de football dans le cadre des éliminatoires à la Coupe du Monde 2018 en Russie, Karim Benzema vient de prolonger avec le Real Madrid jusqu’en 2021. Après 8 ans au club, l’attaquant français se lance dans un nouveau cycle – certainement le dernier- au sein de la Maison Blanche. Grand artisan des récents succès du club de la capitale espagnole, Karim Benzema s’est imposé comme une pièce indispensable et irremplaçable de l’institution madrilène. Et n’en déplaisent à ses détracteurs et malgré ses déboires en EDF, cela force le respect et l’admiration. Le Vestiaire du Sport vous propose de revenir sur 8 saisons qui ont inscrit Benzema dans la légende de l’un des plus grands clubs du monde. 

Après 4 magnifiques saisons dans son club formateur l’Olympique Lyonnais qui lui ont valu de figurer dans la liste des nominés pour le Ballon d’or 2009 -qui sera finalement remporté par Leo Messi-, Karim Benzema débarque à Madrid durant l’été 2009 alors âgé de 21 ans. Montant du transfert : 35 millions d’euros (+6 millions d’euros de bonus). Une belle somme pour l’époque. Mais cette arrivée est éclipsée par celles de Cristiano Ronaldo et Kaka. Le portugais est la grande attraction de ce mercato. Le lauréat du ballon d’or 2008 arrive de Manchester United pour un montant record de 94 millions d’euros. Mais le français est plus jeune et tout le club compte sur lui pour exploser et remettre le Real Madrid sur le devant de la scène européenne. En effet, le club madrilène n’a plus remporté la Ligue des Champions depuis 2002 et n’arrive plus à passer le stade des huitièmes de finale.

Evidemment, depuis 2009, le Real Madrid appartient à Cristiano Ronaldo qui a brisé tous les records du club les uns après les autres. Ses statistiques au sein de la Maison Blanche sont tout simplement hallucinantes. 409 buts en 397 matchs. Ca fout le vertige et me donne envie d’aller me rouler dans l’herbe tellement c’est bargeot. T’as beau le détester, quand t’as ces chiffres sur ton écran, tu peux juste la boucler et retourner bouffer tes Monster Munch. Mais KB9 n’est pas en reste. Il ne vient pas de la même planète que CR7, on le sait. Mais ce que je m’apprête à vous délivrer va quand vous donner le vertige.

Benzema au Real, c’est 371 matchs, 294 titularisations, 182 buts, 104 passes décisives et 14 trophées remportés (dont 3 Ligues des Champions). Euh, comment dire que c’est une boucherie. Impliqué sur 286 buts en 294 titularisations, c’est monstrueux. Après vous me direz qu’il n’est pas entouré de peintres et que c’est quand même plus facile de faire marquer quand t’as Cristiano dans l’équipe et plus facile de marquer quand t’as des mecs comme Modric ou Isco au milieu de terrain, pour ne citer qu’eux. Mais il faut les marquer les pions et les délivrer les caviars. Surtout quand t’as dû subir la concurrence de mecs comme Higuain et qu’à chaque mercato, tout le monde annonce des joueurs comme Agüero, Lewandowski, Suarez ou encore Cavani. Mais jamais les dirigeants madrilènes n’ont réellement senti le besoin urgent d’aller puiser dans ce « top 5 » des attaquants mondiaux. Parce qu’ils avaient Benzema et que l’entente avec CR7 a toujours été au beau fixe. Et ça, ça vaut tout l’or du monde.

Et puis KB9 au Real, ça n’a pas toujours été tout rose. Ecarté successivement par Pellegrini puis Mourinho au détriment d’Higuain, il a dû attendre des blessures de ce dernier pour montrer le bout de son nez et gagner sa place. Il a aussi été critiqué durant ces 8 saisons. Par les entraîneurs successifs, par le public, par la presse. Mais il ne s’est jamais laissé abattre et a toujours tout donné pour le Real. Il a mérité sa place de titulaire et s’impose actuellement comme un maillon indispensable du fameux trident appelé la BBC. Benzema, Bale, Cristiano. Autant, c’est plus compliqué pour le gallois, autant le français est bien installé et a toute la confiance de son entraîneur Zinédine Zidane. Et ce soutien a été infaillible même pendant toute l’agitation relative à l’histoire de la sex-tape qui le tient éloigné de l’EDF depuis presque deux ans. Pendant toute cette période qu’il ne s’agit pas de commenter ici, l’institution Real Madrid a toujours été derrière son attaquant et Karim leur a toujours rendu en étant constant et efficace dans ses prestations.

Une phrase prononcée par son coach entre 2013 et 2015, Carlo Ancelotti, avec qui il a remporté sa première coupe aux grandes oreilles est révélatrice de l’impact de Benzema au Real : « Karim est l’homme idéal pour des joueurs comme Cristiano Ronaldo et Bale. Nous avons besoin d’un avant-centre qui ait cette caractéristique : savoir jouer avec les autres. En ce sens, Karim est unique« . Il n’est pas évident qu’avec un Agüero ou un Lewandowski, le Real aurait gagné 3 Ligues des Champions en 4 ans et aurait marché sur l’Europe de cette manière. Si Cristiano est aussi fort avec Madrid, c’est en partie grâce à Benzema qui sait mieux que personne comment le sublimer et le faire briller. C’est même Ronaldo tout court, le vrai comme s’amusent à dire certains, qui, suite à la prolongation du français a déclaré ceci : « Ils ont le meilleur joueur du monde qui est Cristiano et le meilleur numéro neuf au monde, qui est Benzema. Ils n’auront aucun mal à continuer à gagner des titres dans un avenir proche« . Venant du brésilien qui a été le meilleur attaquant de sa génération, c’est quand même assez jouissif.

Meilleur buteur français du club, de la Liga et en Ligue des Champions, Karim Benzema entre encore plus dans l’histoire de son club avec cette prolongation. Et on ne voit pas ce qui pourrait venir perturber cette idylle. Même d’éventuels autres remous avec Deschamps and co. Mais, au fond, on peut se le dire : c’est quand même dommage d’aller en Russie en se privant de notre meilleur 9. Certes, l’EDF s’est adaptée sans lui mais la période post-euro 2016 a quand même révélé certains doutes sur notre efficacité offensive malgré l’immense qualité de notre effectif. Mais bon, ce n’est pas le sujet ici. On peut penser ce qu’on veut de Benzema le français, il est loin d’être parfait et s’est certainement mis tout seul dans cette situation désagréable. Mais Benzema le madrilène n’est pas loin de la perfection et j’ai juste envie de lui dire : Félicitations, tu es un grand !