Chaleur caniculaire, climatisation en folie –pour ceux qui vivent chez leurs parents-, plongeons dans la piscine –aussi pour ceux qui vivent chez leurs parents ou qui ont des amis riches-, coups de soleil sur la tronche et dans le dos parce que tu disais que tu voulais « bronzer plus vite », les Kro au frigo et les souvenirs du raid solitaire de Kyky ou de demi-volée Pavard. Voici ce qui résume assez bien ce jeudi 2 août 2018.

Mais ce jeudi 2 août 2018, ce n’est pas que ça. Détrompez-vous bande d’illuminés. Ce jeudi 2 août 2018, c’est aussi et SURTOUT la date d’anniversaire d’un immense monsieur du football français. Un attaquant délicieux aux coupes de cheveux éminemment plus travaillées que les paroles de chanson de Louane ou Vianney. Un amoureux du beau geste. Un fervent défenseur du beau. Vous l’aurez compris. Aujourd’hui, Jimmy Briand fête ses 33 ans.

Vous êtes en train de vous dire que je suis complètement bargeot et que je suis en train de péter les plombs. Je ne peux pas être décemment en train de parler de Jimmy Briand en ces termes, vous murmurez-vous. Et oui, c’est exactement ce qui est en train de se passer. Mais je viens de gagner plus de 200 mots sans avoir mentionné une seule information intéressante à propos de mon sujet du jour. Et je vous révèle cette ruse en toute transparence, parce que je vous aime et que l’imposture a assez duré.

Il fait 54 degrés à l’ombre, je suis obligé de parler de Jimmy Briand parce que l’actu sport est complètement merdique. Comprenez-moi aussi. Mais on va commencer. Il faut le faire. Même si je travaille gratuitement, m’imaginer vos sourires en train de lire cet article vaut tout l’or du monde. Je me dois de le mener à terme, tant bien que très mal.

C’est parti pour le copier-coller Wikipédia : « Jimmy Briand naît en région parisienne de parents originaires des Antilles. Son père est martiniquais alors que sa mère est guadeloupéenne ». Oh bordel, c’est énorme, on a hâte de connaitre la suite, ce doit être fabuleux. Non, allez, on s’en balance, encore plus violemment que TP.

Il fait ses débuts chez les jeunes en Ile de France avant d’intégrer l’INF Clairefontaine. Ensuite, il part à Rennes pour y intégrer son centre de formation. Préférant les joies du ballon rond à celle de la cervoise bretonne, il progresse très rapidement à tel point que sa carrière aurait pu prendre un tournant particulier lorsque Sir Alex Ferguson vient le superviser en personne. Manchester, Old Trafford, Ryan Giggs, pas la poissonnerie du coin. Mais non, le rêve ne dura pas et Jimmy signa son premier contrat pro avec le Stade Rennais quelques mois après avoir fait sa première apparition en Ligue 1 à même pas 18 piges.

Il mettra 2-3 ans à s’imposer au sein de l’attaque bretonne et inscrira pour le club rennais 43 buts en 212 matchs. On est clairement pas sur un rendement à la CR7 mais c’est Jimmy et on l’aime aussi pour ça, ses imperfections et ses errements devant le but adverse. Que celui qui n’a jamais pêché lui jette d’ailleurs la première pierre.

Eté 2008, Jimmy, 23 ans, rêve plus grand et veut rejoindre la capitale. Le rêve parisien, les champs Elysées, la ligne 1 du métro, le RER A, les délices à la parisienne. Mais ce rêve s’éclate la tronche face à la résistante des dirigeants rennais qui veulent garder Jimmy coûte que coûte. Jimmy est pris en otage en Bretagne hostile et, malgré un boycott des entrainements à la Ousmane Dembélé, rentre dans le rang pour sauver ce qu’il reste à sauver. Il joue 5 matchs avec l’équipe de France avant de se fusiller le genou lors d’un rassemblement après un contact avec l’énorme Carrasso (paix à son âme).

C’est compliqué mais il se bat contre la blessure et retrouve les près de la Ligue 1 quelques mois plus tard. La Coupe du Monde 2010 se rapproche. Raymond Sourcils le convoque parmi les 30 avant de lui annoncer quelques jours plus tard qu’il n’ira pas en Afrique du Sud. Jimmy ne le sait pas encore, mais il sera bien mieux partout ailleurs qu’à Knysna en ce funeste été 2010.

D’ailleurs, c’est pendant l’été 2010 que Mister Briand va faire ses valises pour Lyon contre un chèque de 6 millions d’euros. Même s’il remporte les seuls titres de sa carrière du côté de Gerland avec une Coupe de France et un Trophée des Champions, l’attaquant français ne va pas rester dans l’histoire du club du fait de ses performances même s’il sera convoqué une nouvelle fois en Bleus. Mais avec 34 petits buts en 160 matchs, Jimmy sera envoyé du côté de la réserve rhodanienne pendant une saison avant de quitter le pays et de rejoindre Hanovre à l’été 2014. L’équipe de France est déjà bien derrière lui.

Cette fois-ci, Jimmy privilégiera la bonne bière au football, ses 3 buts en 30 matchs témoignant de son addiction prononcée pour la bavaroise. Il aurait pu s’arrêter là mais des irréductibles Gaulois ont encore cru en lui, ils se nomment les Guingampais (du premier coup, j’ai même pas vérifié sur Google). Il y alternera le pas trop mal avec le médiocre sans jamais réussir à retrouver son niveau d’antan. Il y passera 3 (belles) années.

A l’heure où j’écris ces lignes, Jimmy s’est un peu foutu dans la panade. Il a voulu se barrer de Guingamp, a pris 300.000 bouliches de dédommagement pour aller signer du côté de l’Impact de Montréal, en MLS. Un aveu que ta carrière de footballeur est terminé. Toujours est-il que les négociations avec le club canadien se sont complexifiées et Jimmy n’a pas obtenu les garanties qu’il avait demandées : voiture, logement, école pour les gosses. Le mec, on dirait qu’il négocie un contrat d’analyste chez EDF. Bref, du côté de Guingamp, on veut récupérer l’argent et du côté de Montréal ça se tend avec le Président malgré la réelle envie du coach Rémi Garde –et oui il s’est barré au Canada le con- de s’offrir les services de l’attaquant français.

On espère que tu vas t’en sortir Jimmy. Joue la carte de l’anniversaire, ça marche parfois. Des bisous bonhomme.