Hier, t’as eu 30 piges. Putain, quel coup de vieux ! Avoue que t’as pas vu le temps passer, ou alors peut-être qu’il devient long tellement tu fous rien à Bordeaux. Dans tous les cas, tu nous as suffisamment marqués pour qu’on te rende hommage avec un magnifique portrait. 

JM7 est né il y a maintenant 30 ans et 1 jour, le 7 mai 1987 à Longjumeau en Essonne. Il grandit à Vitry-sur-Seine et joue très vite au ballon. Il est complètement dingue de ça et il a un réel talent.

A tel point qu’à 13 ans, il file au centre de formation de Sochaux. A partir de là, tout va très vite s’enchainer. Il rejoint l’équipe de France des moins de 16 ans et est repéré par Manchester United déjà entrainé à l’époque par Sir Alex Ferguson, l’entraineur le plus rouge du monde avec Jean Fernandez. Jérémy ne veut pas, tu m’étonnes, Sochaux c’est une dinguerie, c’est un rêve de gosse de vivre là-bas. Et puis c’est le stade Bonal quoi, Old Trafford, à côté, c’est ringard.

Toujours est-il que Sochaux le remercie en lui faisant signer son premier contrat pro à 16 ans en 2004. A l’époque, Cristiano Ronaldo avait des dents dégueulasses et portait des pulls à carreaux et Rafael Nadal n’avait toujours pas gagné Roland Garros. Ca nous rajeunit pas. C’est lors de la saison 2004-2005 que tout commence vraiment pour lui. Et surtout le 22 janvier 2005. Ce jour là, il pète un câble et décide de planter 3 pions en 7 minutes à domicile contre Bordeaux. Difficile à avaler quand on est bordelais. Un vrai moment de douleur. A 17 ans et 8 mois, il devient le plus jeune joueur à inscrire un triplé en Ligue 1. Mais ce n’est pas tout, c’est aussi le triplé le plus rapide de l’histoire de la Ligue 1.

C’est génial mais en 2006, il commence à être soulé par la vie sochalienne. Jérémy, il préfère les paillettes, il signe donc à Monaco. Plus souvent vu dans les casinos qu’à l’entrainement, il y passera 3 saisons avec une moyenne de 4,66 buts par saison. Autant te dire qu’il n’y a rien à se mettre sous la dent sur ces 3 années. Mais après, peut-être que lui te dira que c’était les plus belles années de sa vie et qu’il a décidé d’écrire un bouquin secrètement sur les techniques pour compter les cartes.

En 2008, il s’intéresse à l’exorcisme et se dit qu’aller jouer à la Roma près du Vatican, ça peut être une bonne idée pour assouvir sa passion. 12 buts en 114 matchs. Autant vous dire qu’il en a plus appris sur le diable que sur les reprises de volée. Pourtant pendant cette période là, il est appelé par Laurent Blanc juste après la catastrophique Coupe du Monde 2010. Peut-être que Lolo voulait en savoir plus sur les découvertes mystérieuses de Jérémy.

En 2011, il se bastonne avec Montella, le coach romain, et décide de se barrer. Il atterrit au PSG, tout fraichement racheté par les qataris. Il portera le numéro 7. JM7 est né. L’aventure dans la capitale commence pas mal pour lui. Il inscrit notamment le 2000ème but du PSG en Ligue 1. Sa saison est à ce point de qualité qu’il est sélectionné par Blanc pour jouer l’Euro 2012. Il marque même un but en poule contre l’Ukraine. En revanche, en quarts de finale contre l’Espagne, il fissure et insulte l’arbitre du match Nicola Rizzoli. Il prendra un match de suspension par la commission de discipline de la FFF.

Malgré l’arrivée de nouveaux joueurs au PSG en 2012, il arrive à avoir la confiance de son coach Carlo Ancelotti. Lors de la saison 2012-2013, soit celle du premier titre, il joue une quarantaine de matchs, inscrit 8 buts et délivre 12 caviars. Une bonne saison malheureusement ponctuée par quelques insultes familiales adressées à un arbitre lors d’un match contre Nice. Il est suspendu 4 matchs. En 2013, Lolo Blanc arrive et clairement il est gavé par JM7. Jérémy ne joue plus du tout et retourne en Italie, cette fois au Milan AC.

Là bas, il joue vraiment pas mal. Il marque des jolis buts et en nombre. Il plante 16 pions lors de la saison 2014-2015 et finit 5ème meilleur buteur de la Serie A. Mais malheureusement, il se reblesse longuement et ne peut pas beaucoup jouer lors de la saison suivante. Mais JM7 attire encore les regards et c’est Bordeaux qui décide de lui faire signer un contrat de 3 ans.

Cela fait donc maintenant presque 1 an que Ménez est en vacances à Bordeaux. Clairement, il a choisi le club avec le moins de pression du monde pour juste chiller et continuer à gagner pas mal de pognon. Certes, ce n’est clairement pas la même vie nocturne qu’à Rome ou Monaco, mais c’est quand même sympa d’aller passer ses journées sur le Bassin d’Arcachon et de s’entrainer pépère au Haillan. 3 buts en 29 matchs, voici sa contribution. Merci Jérémy, c’est cool. Le mec est venu, il s’est fait croquer l’oreille, et après il a plus joué une cacahuète.

Jérémy Ménez, c’est l’histoire d’un mec talentueux, un peu feignant, qui n’a pas eu la carrière qu’il aurait pu avoir. Il a simplement eu la carrière qu’il méritait, une carrière sympa mais avec beaucoup de bas et de remous et trop peu de hauts. Mais il n’a que 30 ans, peut-être qu’il peut encore nous faire mentir.