Si on devait résumer la carrière de Jaroslav Plasil, on dirait que ce joueur est un paradoxe du football puisqu’il a connu ses heures de gloire dès le début de sa carrière. Puis petit à petit, le joueur, devenu remplaçant aux Girondins de Bordeaux, a connu une petite descente aux enfers pendant que la plupart des joueurs connaissaient l’apogée de leur carrière footballistique. Le Vestiaire du Sport te propose de revivre le parcours de cet homme, mais à l’envers. Parce qu’à l’envers, Jaroslav Plasil n’est plus un joueur lambda mais un mec totalement adulé sur le Rocher.

Roi des cannelés aux Girondins de Bordeaux

Le tchèque arrive sur les bords de la Garonne, au lendemain du titre de champion de France des hommes de Laurent Blanc, en 2009. L’entraineur bordelais lui fait directement confiance et le titularise dès sa première saison. Pendant quatre ans, le tchèque va connaitre de merveilleux moments. Il remporte le trophée des champions dès son premier match, est finaliste de la Coupe de la Ligue dans une finale perdue face à l’ennemi juré marseillais en 2010. Cette même année, il est quart de finaliste de la Ligue des Champions où il se fait sortir par une équipe bien moins forte sur l’ensemble des deux matchs. Cette élimination marquera le déclin des Girondins de Bordeaux en championnat. Trois ans plus tard, en 2013, il remporte la Coupe de France sous les ordres de Francis Gillot, au Stade de France face à l’Evian Thonon Gaillard de Pascal Dupraz sur le score de 3 buts à 2. Pour le moment, il a disputé pas moins de 320 matchs avec les Girondins pour 20 buts. Et tout le monde se souvient encore de son avion téléguidé, que dis-je, son cannelé caramélisé, face à l’Olympique Lyonnais en championnat qui a transpercé les filets d’un Hugo Lloris complètement à la rue.


Pizzaïolo à Catane 

Après le gain de la Coupe de France, Jaroslav Plasil a sans doute trop fêté cette victoire à coup de grands crus classés bordelais, quelques macarons de Saint Emilion et plusieurs dizaines de cannelés Baillardran. C’est pourquoi, il décide de quitter la Gironde pour se découvrir une nouvelle passion en Italie. Adieu le sucré, bonjour le salé. Il devient le roi de la pizza à Catane où il empile les matchs comme il enfourne ses pizzas. Il dispute 28 matchs en une saison et inscrit un seul petit but. Pas de quoi se monter en l’air non plus mais cette petite pige aura au moins eu le mérite de lui faire découvrir les magnifiques saveurs de la Sicile.

Deux saisons pimentées dans le Pays Basque

Parce que Jaro en a marre de manger tous les jours des pizzas et des pâtes, et parce que la Margarita est vraiment la plus grosse entourloupe de la Terre (en même temps, il vendait cette pizza 10 balles, pour une pauvre pâte à pizza, un peu de tomate et du fromage qui n’en était pas vraiment), il quitte ce pays aux saveurs restreintes et tente de pimenter sa vie en signant à l’Osasuna Pampelune. Bien lui en a pris, puisqu’il va découvrir, lors de ses deux saisons espagnoles, énormément de spécialités au goût relevé. À coup de paella saupoudrée de piment d’Espelette, de gâteaux basques, de piperade et de poulet basquaise, le joueur floqué du numéro 6 va jouer 67 matchs pour 8 buts. Bon ok, pendant deux saisons, il va jouer le maintien et terminer à la 17ème la première saison et à la 16ème place, la deuxième. Mais Jaro pourra toujours se venter d’avoir marqué un de ses buts face au Real Madrid, lors de la dernière journée de championnat, un 31 Mai 2009 (date d’anniversaire d’un des rédacteurs du Vestiaire du Sport, s’il vous plait) qui permettra à son équipe de s’imposer et de jouer une saison de plus parmi l’élite. 

Deux étoiles au Guide Michelin à Monaco

Mais la vraie période de gloire de Jaroslav Plasil se situe au tout début de sa carrière finalement. Enfin pas exactement. Parce que quand il débarque de République tchèque, qu’il intègre le centre de formation de l’AS Monaco et qu’il ne joue que huit matchs en deux saisons avant d’être prêté à l’US Créteil pour se faire les armes, on peut pas dire qu’il a de suite mis tout le monde d’accord dans sa cuisine. Au début, c’est plus des bonnes vieilles pâtes qui collent à la casserole avec un bout de beurre et 100g de fromage râpé. Mais lors de la saison 2003-2004, il réalise une magnifique saison ponctuée par une finale de Ligue des Champions, malheureusement perdue contre le FC Porto sur le score de trois buts à zéro. Mais tout le monde sait pourquoi l’AS Monaco a perdu cette finale. Parce que Jaroslav Plasil était remplaçant ce jour là. Avec le tchèque titulaire, on s’assurait un entrée-plat-dessert digne des plus grands gastronomes de l’époque. En tout et pour tout, il disputera 165 matchs pour 7 buts. C’est pas le palmarès en club le plus fou pour lui, mais quand tu es à deux doigts de toucher le graal et qu’il te passe sous le nez, c’est un peu comme rater sa troisième étoile au Guide Michelin parce que tu as oublié de nettoyer ton frigo lors de la visite sanitaire.