Hier soir, à 20h10, Kimi Räikkönen aka Iceman s’élançait en première ligne, en deuxième position à côté de Lewis Hamilton, qui partait pour la 81ème fois en pôle position d’une course de F1. Une victoire ou une bonne performance du britannique combinée à une mauvaise course de Sebastian Vettel, son dauphin au classement, devait adjugé une cinquième étoile sur le casque de l’anglais. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Le Vestiaire du Sport revient sur un moment historique, autour d’un circuit historique qui a manqué d’écrire l’histoire.

« Montez le volume et rendez-vous au premier virage »

Ce sont par ces mots que Julien Febreau, commentateur sur Canal + de la F1, arrive à mettre des frissons sur les bras des passionnés avant le début d’un Grand Prix. Hier se déroulait le Grand Prix d’Austin, un grand prix mythique qui a, pour une fois, apporté énormément de spectacle. Au final, Kimi Räikkönen est venu s’imposer, mettant à l’amende toutes les côtes des paris sportifs qui voyaient déjà une victoire d’Hamilton dans son deuxième jardin.

Pourquoi cette victoire est un exploit ? Voici 5 raisons.

– Parce que lors de sa dernière victoire, l’Allemagne n’était pas encore Championne du Monde de football

Et oui, cela parait invraisemblable mais la dernière victoire de Kimi Räikkönen remontait au Grand Prix d’Australie en… 2013. Depuis plus rien, plus une victoire à son palmarès, souvent barré par un Sebastian Vettel et un Lewis Hamilton impériaux. Cela faisait donc plus de cinq ans que le Finlandais n’avait plus gagné un Grand Prix. Ca nous rappelle un peu un certain Roger Federer, qui n’avait plus gagné de Grand Chelem depuis Wimbledon 2012 et qui s’est envoyé l’Australian Open en 2017. L’Australie encore une fois, comme un symbole.

– Parce qu’il va partir chez Sauber libéré

Pour ceux qui ne le savaient pas, Kimi Räikkönen va quitter la Scuderia Ferrari à la fin de la saison pour rejoindre Sauber. Très franchement, il sait qu’il ne gagnera jamais plus un Grand Prix en intégrant cette écurie. Le voir gagner avant de partir est juste énorme, parce que c’est d’abord symbolique, il a tellement donné à cette écurie et parce qu’il voulait montrer une dernière fois qu’il a souvent été pris pour un second couteau alors qu’il a clairement le talent pour faire encore un très bon numéro 1 dans une écurie.

– Parce qu’il ne permet pas à Hamilton d’être sacré Champion du Monde un peu chez lui

Lewis Hamilton avait coché cette date du 21 Octobre dès le début de la saison. Les Etats-Unis, c’est un peu chez lui et quand le britannique a su qu’il pouvait être Champion du Monde ici, nul doute que sa motivation a du être décuplée. Pour Lewis, il fallait prendre 8 points de plus que Sebastian Vettel (la victoire vaut 25 points, la deuxième place 18, la troisième 15 puis 12, 10, 8, 6, 4, 2 jusqu’à la dixième place). En partant cinquième, Vettel offrait sur un plateau la victoire finale, mais Räikkönen a été parfait dans son rôle de sauveur. En ne finissant que troisième, derrière Verstappen, deuxième, qu’il n’a pu doublé malgré un mano-à-mano en fin de course, Lewis Hamilton a terminé juste devant Vettel, ne lui reprenant que trois points. Insuffisant donc, en attendant le week-end prochain au Mexique, et c’est tout de suite moins glamour.

– Parce qu’il permet à son coéquipier Vettel d’espérer encore un peu

Le bonheur des uns fait aussi le bonheur des autres. Avec cette victoire combinée à la quatrième place de Vettel, Ferrari a sauvé son week-end et même si il semble impossible que Vettel gagne le championnat, c’est encore mathématiquement possible. Il faudrait un concours de circonstances incroyables mais tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. On a souvent critiqué la F1 pour son manque de spectacle. Ce week-end, la course les a fait taire. Et on espère un aussi beau spectacle dès ce dimanche.

– Parce qu’en s’imposant, il relance aussi le championnat constructeur

En faisant 1 et 4, Ferrari a repris 12 points à Mercedes dans la lutte pour le titre du championnat constructeur. Il en reste 66 à combler, c’est beaucoup mais combiné à un concours de circonstances dans la lutte pour le championnat pilote, il est tout à fait possible de voir Ferrari coiffer Mercedes sur le fil. Il reste trois Grand Prix avant la fin de la saison. Si le championnat pilote est quasiment acquis à la cause d’Hamilton, on va chercher à trouver une nouvelle motivation à regarder avec attention les trois dernières étapes d’une saison qui a souvent manqué de spectacle, la faute à un Sebastian Vettel pas toujours concentré et un Lewis Hamilton en mode taureau.