Parce qu’on ne se remet toujours pas des biscottes à la framboise reçues par les Girondins de Bordeaux en 32ème de finale de Coupe de France face à Granville, il nous fallait forcément passer nos nerfs sur quelqu’un d’autre. Et on a trouvé en l’anniversaire de Gennaro Gattuso, la possibilité de démontrer que le fantasque italien, c’est pas Plasil, c’est pas Carrique et c’est pas non plus Sabaly. Le Vestiaire du Sport t’invite au pays de la coppa, de la pizza et des pâtes à la carbonara avec ce petit portait du milieu de terrain italien aux professions diverses : entre charcutier, boucher, et joueur de football, un peu des trois en même temps.

9 Janvier 1978

Le petit Gennaro Ivan Gattuso est né le 9 Janvier 1978 et il peut être fier d’être sorti du ventre de sa mère en cette belle journée d’hiver puisqu’il est né le même jour que Sean Paul et Lara Fabian. Non mais quel bonheur d’avoir la même date d’anniversaire que ces deux chanteurs. Qu’est ce que tu vas t’emmerder à louer un DJ pour souffler tes bougies quand tu peux réunir deux des plus grands chanteurs du 15ème siècle. Bon, derrière Gennaro, t’avais que ça pour toi. Tu pouvais pas te reposer sur la carrière de ton père quand t’arrivais au lycée en disant « moi, mon père c’est un grand footballeur ». Non, non, ton père il jouait en Série D italienne, l’équivalent de la bonne vieille CFA chez nous, avec les terrains remplis de taupes partout.

1,77 – 77

Et ben mon petit Gennaro, t’as pas mangé beaucoup de soupe quand t’étais petit, hein. Purée, 1,77m, c’est quedal, t’es un tout petit bonhomme dans un corps de bibendum en plus. La soupe, c’était non, mais les pains au lait-nutella, tu disais pas non, gros cochon. Quand tu penses qu’avec cette petite taille, tu passes easy, la tête bien droite, entre les jambes du basketteur Yao Ming, ça fait froid dans le dos. Et le Vestiaire du Sport a sorti sa calculette pour calculer ton IMC, parce qu’on avait un petit doute. Et on a bien fait de douter ! 1,77m pour 77kg, ça fait un IMC à 25. Ta mère s’est jamais rendue compte qu’elle te nourrissait plus que de raison ou quoi ? T’es entre une corpulence normale et le surpoids. Le Vestiaire du Sport, premier sur le régime. On comprend mieux pourquoi, sur ton téléphone, tes favoris sont Cyril Lignac et Mercotte. Parce que même quand c’est dégueulasse, tu bouffes tout sur ton passage.

5 – 585

T’as connu seulement 5 clubs dans ta vie et pour ça, on te dit bravo parce que tu es resté aussi fidèle à tes clubs que ta passion pour les pâtes carbonara. T’as commencé dans un vieux club tout pété, à Pérouse où t’as joué ton premier match de Série A le 22 Décembre 1996 (joli cadeau de Noël ceci dit). Malheureusement, il y en a pas eu 10 000 la bas, ça se compte même sur les doigts des mains. 10, voilà c’est ça, pas plus, pas moins. Ensuite, t’en as eu marre du Prosecco, du coup t’es parti un an au pays de la bière, en Ecosse, où t’as fais les beaux jours des Glasgow Rangers durant 51 matchs. Mais l’odeur de la pâte à pizza te manquait trop et tu as été recruté par le promu (dont on a appris l’existence aujourd’hui) Salernitana Sport, où là aussi tu ne restes qu’une saison et disputes 25 matchs.
Mais la majeure partie de ta carrière, tu la passeras dans ton club de coeur, ton club de toujours en fait, l’AC Milan, où tu vas rester pendant 13 ans et disputer 467 matchs. T’es d’ailleurs 6ème au classement des joueurs restés le plus longtemps dans ce club, loin derrière Paolo Maldini et ses 902 matchs. Le 13 Mai 2012, tu disputes ton dernier match avec les Rossoneri, tu le gagnes 2-1 et tu pars en Suisse mettre quelques liasses de côté au FC Sion pour deux ans. Mais tu vas rapidement être élevé au rang d’entraineur-joueur avant d’être viré comme un malpropre le 13 Mai 2013 après 585 matchs au plus haut niveau. Comme quoi, en pile un an, t’es passé de légende à sous merde. Et ça, c’est fort, tu nous apprendras.

17

C’est pas forcément un truc qu’on aurait du relever parce que la statistique est pas folle mais t’as mis plus de buts dans toute ta carrière que Nicolas de Preville en mettra durant son passage aux Girondins, donc rien que pour ça, on se devait d’en parler un peu. Pour un milieu récupérateur, 17 pions, c’est quand même pas mal. 19 ans de carrière pour 17 buts, ça fait quasiment un but par saison. Franchement, avec toutes les fois, ou t’étais trop occupé à mettre des olives à tes adversaires sur les corners avant de faire des 1 VS 1, dans le rond central après avoir désossé un adversaire, les deux pieds décollés du sol, c’est beau, bravo.

5 – 40 – 41 – 55

Comme tu as le football dans la peau, tu ne pouvais pas quitter ce monde sans devenir entraineur. Et là par contre tu aurais mieux fais de t’abstenir. On va t’expliquer pourquoi avec cette série de nombres qui sont d’ailleurs les prochains numéros du Loto de ce soir. Entre 2013 et 2017, t’as réussi à faire autant de club en tant qu’entraineur, qu’en tant que joueur pendant 19 ans, autant dire que t’es pas franchement dans ton assiette. Ton bilan, il est catastrophique. 40 victoires, 41 nuls, 55 défaites, c’est pire que les bilans réunis de Guy Noves avec le XV de France et de Willy Sagnol avec Bordeaux, l’année de son licenciement. Il y a pas un club (FC Sion, AC Pise, AC Milan, OFI Crête, US Palerme) où tu as un bilan positif.

10 – 1

Mais comme tout grand joueur qui se respecte, tu as réussi à gagner un nombre incalculable de titres, et en plus t’as fais ça dans un seul club, à l’AC Milan, avec deux championnats, deux Ligue des Champions, deux supercoupes, une coupe du monde des clubs et une coupe. Et puis en sélection nationale, ça nous fait encore mal d’en parler mais t’as remporté la Coupe du Monde en 2006 face à la France. Cette foutue Coupe du Monde qu’on aurait du gagner pour avoir notre deuxième étoile sur le maillot.

166 – 8

Enfin, et de là, vient le titre de notre article, t’es connu pour être un gros boucher-charcutier. En 585 matchs, t’as pris 166 cartons jaune. Ca fait une biscotte au beurre tous les 3,5 matchs. Mais bizarrement, t’as un bon bagou avec les arbitres. T’as évité tellement de biscottes à la fraise en les menaçant de bruler leurs maisons que pour l’ensemble de ton oeuvre, le Vestiaire du Sport t’octroie la note de 8/10. Parce que t’étais peut être le mec que tous les joueurs voulaient défoncer à la fin du match, autour d’un bon quatre quart, mais tu restes quand même une légende pour un club dont tu as écris l’Histoire.