Éloigné des terrains durant 178 jours, le cannibale de Bâle est de retour. Redescendu au 17ème rang mondial au classement ATP début Janvier 2017, le voilà désormais 4ème après un triplé, encore inimaginable il y a quelques mois, Open d’Australie – Indian Wells – Miami. Retour sur la carrière d’un homme né avec une raquette dans la main droite et une balle de tennis dans la main gauche.

On est en Juillet 1998, la France dispute la Coupe du Monde. Toutes les télévisions sont rivées sur cet évènement international et ne pensent pas, à ce moment là, qu’un champion est en train de naitre. C’est le moment que choisit Roger Federer  pour disputer son premier match professionnel sur le circuit. Fortune diverse puisque la France coud sa première et unique étoile sur son maillot et Federer s’incline dès le premier tour contre Ker (4/6 4/6). Un an plus tard, il remporte l’Open de Brest, un Challenger, et glane ainsi son premier titre en professionnel. Le début d’une vaste récolte. En 2000, il atteint sa première finale sur le circuit ATP à Marseille. Décidément la France lui réussit bien à ses débuts. Beaucoup moins par la suite.

Le début des années 2000 : un démarrage poussif puis la consécration

En 2001, Roger Federer commence sa saison par une victoire en Hopman Cup avec Martina Hingis. Un mois plus tard, il remporte le tournoi de Milan et se qualifie pour les quarts de finale de Roland Garros. Il arrive donc à Wimbledon avec une certaine confiance et remporte un match historique contre Pete Sampras, numéro un mondial, en cinq sets. Cet homme là a tout d’un futur grand.
En 2002, il remporte le tournoi de Sydney puis atteint pour la première fois une finale de Masters 1000 à Miami où il est défait par André Agassi. Il remporte finalement son premier grand titre à Hambourg en dominant Marat Safin. La mort de Peter Carter, alors capitaine de l’équipe suisse de Coupe Davis, le touche profondément et Roger ne met plus un pied devant l’autre ni une balle dans le court.
En 2003, Federer commence comme l’année précédente. Une victoire à Marseille, une à Dubai puis une à Munich puis ? Plus rien. Enfin plus rien… Seulement jusqu’à la consécration du 6 Juillet 2003 où il remporte pour la première fois un tournoi du Grand Chelem en battant Mark Philippoussis. Cette même année, il remporte pour la première fois le Masters qui réunit les huit meilleurs joueurs de l’année.

De 2004 à 2007 : il règne sans partage ne laissant que des miettes

En 2004, il réalise le petit chelem en remportant l’Open d’Australie, Wimbledon et l’US Open. Il devient numéro un mondial pour la première fois et ne quittera plus cette place durant 237 semaines consécutives. La récolte continue pendant encore trois années avec huit titres du grand chelem. Seul bémol, il n’arrive toujours pas à remporter Roland Garros barré par la suprématie espagnole qui se nomme Rafael Nadal.

De 2008 à 2009 : deux finales catastrophiques avant de toucher enfin le graal

En 2008, Roger Federer perd pour la première fois sa place de numéro un mondial au détriment de Rafael Nadal, son bourreau lors des Jeux Olympiques de Pékin. Cette année là, il perd sèchement face à son meilleur ennemi en finale de Roland Garros. Une défaite express et une bulle en guise de dénouement (1/6 3/6 0/6). Une déculotté qui en appeler une autre. Maitre incontesté des lieux, Roger Federer se présente à Wimbledon avec l’espoir de conquérir un treizième titre du grand chelem. Une nouvelle finale, cette fois ci d’anthologie (9/7 au cinquième set) perdue et Roger Federer n’est plus le meilleur jardinier de Londres.
Il terminera cette saison par une victoire à l’US Open, maigre consolation d’une année clairement ratée à l’image de son élimination dès les poules lors du Masters.
En 2009, le premier grand chelem australien se solde par une défaite mémorable contre Rafael Nadal. Au moment de la remise des trophées, Roger s’effondre en sanglots et n’a plus cette image d’un homme serein capable de tout contrôler. En Juin, il remporte son unique Roland Garros face à Robin Soderling, tombeur de Rafael Nadal en huitième de finale. Il élimine Tommy Haas en remontant deux sets, Juan Martin Del Potro en cinq sets avant de s’adjuger ce quatorzième titre qui lui permet de rentrer dans la légende. En effet, il devient le sixième joueur à avoir gagner l’ensemble des tournois du Grand Chelem et égale Pete Sampras en nombre de titres. Un mois plus tard, il remporte le tournoi de Wimbledon et s’impose comme le meilleur joueur de tous les temps. Il récupère sa place de numéro un mondial et devient pour la première fois papa de jumelles.

De 2010 à 2015 : les années se suivent et ne se ressemblent pas

Au début de l’année 2010, Roger Federer remporte l’Open d’Australie portant à seize son nombre de titres du Grand Chelem. En 2011, il réalise l’un des plus beaux matchs de sa carrière face à Novak Djokovic à Roland Garros. En demi finale, il atteint un niveau stratosphérique et se hisse en finale où il perd contre Rafael Nadal en quatre sets dans une finale où il ne doit jamais perdre le premier set.
En 2012, après deux ans et demi de disette, Federer renoue avec le succès en Grand Chelem. Il remporte Wimbledon contre Andy Murray après avoir souffert au troisième tour contre Julien Benetteau. Puis dans le même temple, il remporte la médaille d’argent aux Jeux Olympiques défait par celui qu’il avait battu un mois avant. Il perd sa place de numéro un mondial à la fin de la saison au détriment de Novak Djokovic et garde encore aujourd’hui ce record de 302 semaines passées au sommet de la hiérarchie.
En 2013, Roger Federer connait une année difficile. Il ne gagne aucun titre majeur et dégringole à la 6ème place mondiale. L’année 2014 est plus aboutie et il remporte pour la première fois la Coupe Davis avec son compatriote Stan Wawrinka contre l’équipe de France à Lille. Il remonte à la deuxième place mondiale. En 2015, Roger Federer remporte la millième victoire de sa carrière au tournoi de Brisbane face à Milos Raonic.

2016, le monde du tennis s’est arrêté de tourner en Suisse

Roger Federer perd en demi finale contre Novak Djokovic puis joue les tournois de Monte Carlo et Rome où il ne brille guère. Il se blesse en promenant ses filles et doit se faire opérer du genou. Il revient pour le tournoi de Wimbledon où il atteint les demi finales mais perd en cinq sets contre Milos Raonic. Il décide de mettre un terme à sa saison et ne dispute donc pas les Jeux Olympiques de Rio. Cette compétition est l’un des seuls trophées qui lui manque encore à son palmarès avec le tournoi de Monte Carlo et celui de Rome.

2017, Benjamin Button est dans la place 

178 jours après son dernier service en match officiel, Roger Federer retrouve les courts à l’holman Cup où il perd en finale face à la France de Richard Gasquet. Il remporte à la surprise générale l’Open d’Australie, son dix huitième titre du Grand Chelem. Il bat successivement Berdych, Nishikori, Zverev, Wawrinka puis Rafael Nadal. Deux mois plus tard, il remporte Indian Wells face à son compatriote suisse et enchaine avec Miami où il bat pour la quatrième fois consécutive le taureau de Manacor.

Roger Federer est le plus grand joueur de tous les temps, n’en déplaise à certains de ses détracteurs qui l’ont appelé pendant des mois « Papi Fed ». Le Fed Express est de retour et il est réglé comme du papier à musique. Quand tu te maries à trente ans, tout le monde te dit que ta jeunesse est finie et que les ennuis commencent. Apparemment pas pour Federer. Du haut de ses 35 ans, la jeunesse n’a plus de limite. A cette allure, dans deux mois, il nous annonce qu’il est de nouveau papa de jumeaux, une 2ème coupe des mousquetaires dans les bras.

On vous laisse avec une petite vidéo de ses plus beaux points depuis son retour à la compétition.