Ce week-end a eu son lot de bonnes surprises dans le clan tricolore. Dans le brouillard de la saison 2017, Lucas Pouille et Jo-Wilfried Tsonga nous ont offert une finale 100% française à Vienne. Le plus jeune des deux a eu le dernier mot et reprend de la confiance quelques semaines avant l’importantissime finale de Coupe Davis à Lille. Mais pas que. Une autre bonne nouvelle nous est venue de Brest. Et plus précisément du circuit Challenger. Le jeune français de 18 ans, Corentin Moutet, invité par l’organisation du tournoi, s’est imposé à la surprise générale et fait aujourd’hui son apparition dans le Top 200. De la fraîcheur qui fait du bien à l’issue d’une saison qui aura été loin d’être rose. Le Vestiaire du Sport vous propose de revenir sur cette semaine aux allures de déclic pour le minot francilien. 

Contexte

Corentin Moutet est né le 19 avril 1999 à Neuilly Sur Seine. Et ouais mon pote, il est pas champion du monde mais il te colle deux bagels. Ca fait un petit moment qu’on entend parler de lui. Solide dans les catégories jeunes, un jeu très offensif, gaucher, il avait déjà montré de quoi il était capable. Je me souviens même de Thierry Champion, à l’antenne de Bein Sports, mentionner son nom il y a un ou deux ans et parler de lui comme de la relève du tennis français. Et on le sait, notre Thierry d’amour, il connaît un peu le tennis.

Avant de continuer, petit point sur la hiérarchie des tournois professionnels. Il n’existe pas que le circuit ATP. En dessous des ATP 250, on retrouve les tournois Challengers plus ou moins importants selon leur dotation et le nombre de points attribués pouvant aller jusqu’à 110 en cas de victoire, comme à Brest. Et en dessous, on retrouve les tournois Futures dont la dotation oscille entre 10.000 et 15.000€.

Et c’est justement par ces tournois Futures que le chemin commence pour la grande majorité des joueurs. Un monde très compliqué, avec une concurrence hallucinante, de l’argent perdu, des déceptions en veux-tu en voilà. Il faut être sacrément costaud pour se sortir de ce circuit-là. Et Corentin fait partie de ceux-là. Deux victoires en 2017 qui lui ont permis de passer de la 533ème place en janvier à la 224ème juste avant Brest. Une progression extrêmement impressionnante pour un joueur de son âge. Une progression qui lui ouvre la porte de certains challengers. A Brest, il a eu besoin d’une wild-card (invitation) pour rentrer dans le tableau final car on est sur le high-level des Challengers avec une dotation excédant les 100.000€.

Son tournoi 

Corentin débute son tournoi contre la tête de série numéro 3 et 83ème mondial, le slovaque Norbert Gombos. Pas le meilleur des tirages pour rentrer dans son tournoi. Et pourtant, même pas peur. Malgré la perte de la première manche, le français se reprend et finit par s’imposer 6/1 au dernier set. Une belle victoire qui fait du bien sur un top 100.

Et on le sait, le plus dur après un succès comme celui-ci, c’est d’enchaîner, d’autant plus face à des compatriotes. Et Moutet a su le faire en écartant coup sur coup Tristan Lamasine, issu des qualifications, puis Gleb Sakharov. Le voici dans le dernier carré.

Face à lui l’allemand Yannick Maden, l’épouvantail du tableau tombeur en quarts de finale de la tête de série numéro 1, le russe Daniil Medvedev. Pas une tâche facile pour Moutet. Et le scénario s’en est fait ressentir. Après la perte du premier set, il a dû aller chercher son salut au tie-break du 2ème avant de finir le boulot dans le dernier en concluant 6 jeux à 4.

Et enfin, hier, en finale, il a affronté le grec Stefanos Tsitsipas, 19 ans, tombeur de David Goffin la semaine passée à Anvers et tout nouveau membre du top 100 mondial. Là encore, le français a fait preuve de solidité et de sang froid pour s’imposer et s’offrir le scalp d’un deuxième top 100 dans la même semaine. Une victoire 6/2 7/6 et le voilà vainqueur du premier challenger de sa carrière à tout juste 18 ans.

Bilan

Le voilà aujourd’hui 160ème mondial, ce qui lui permet d’entrevoir sereinement les qualifications des tournois du Grand Chelem pour la saison 2018. Presque 400 places de gagnées en une saison. On a vraiment envie d’y croire. A titre de comparaison, au même âge, Richard Gasquet était 107ème, Gaël Monfils 146ème, Tsonga 377ème et Pouille 699ème. Ok, même si c’est moins bien que Richie qui était un monstre de précocité, Corentin est clairement dans les temps et peut nourrir de sacrées ambitions. A condition de garder les pieds sur terre. Et on compte sur son entourage pour l’y aider. Parce que ce minot a peut-être un gabarit en dessous de la moyenne avec son mètre 75 et ses 65 kilos (la muscu fait des miracles, on le sait), il est surtout bourré de talent, avec une excellente qualité de frappe des deux côtés et une variété extrêmement intéressante. Attention Corentin, tu es observé.