On est le 8 août 1992 à Barcelone. C’est la finale du tournoi olympique de basket. Les Etats-Unis viennent d’écraser la Croatie pour s’adjuger l’or olympique. Mais ce n’est pas n’importe quelle équipe qui est sortie victorieuse de ce tournoi. C’est la Dream Team. Certainement l’équipe la plus incroyable de l’histoire tous sports confondus. Retour sur un beau moment d’histoire. 

Allô ? C’est le Vestiaire du Sport qui te parle.

Tout commence en 1988 lors des JO de Séoul. Les Etats-Unis sont, comme la pratique le veut, représentés par les meilleurs joueurs universitaires, les professionnels n’ayant pas le droit de jouer. En 1984, ils s’étaient imposés chez eux à Los Angeles. Mais cette année-là à Séoul, l’URSS bat Team USA en demi-finale. Cette défaite est une humiliation. Les américains doivent se contenter de la médaille de bronze. Tragique.

Après cette déroute, l’idée selon laquelle les professionnels puissent participer aux Jeux fait son chemin. La FIBA discute avec la NBA et finalement la décision est prise. S’ensuivent de nombreuses discussions et rumeurs pour savoir qui aura l’honneur et le privilège de constituer cette Team USA pour les JO de 1992 à Barcelone. On se situe courant 1991. La star de l’époque, c’est Michael Jordan, même s’il n’a pas encore gagné le moindre titre (le premier arrivera en juin 1991). Larry Bird est sur le déclin, et l’apogée de Magic Johnson est derrière lui, d’autant plus qu’il annonce qu’il est porteur du virus du VIH le 7 novembre 1991. Il met fin (temporairement, mais ça, il ne le savait pas) à sa carrière. Il reviendra pour le All-Star Game 1992 et sera finalement présent pour les JO. C’est d’ailleurs le premier joueur à avoir été contacté en amont de l’établissement de la liste. Cette Dream Team, c’est SON équipe.

La liste sera composée de 12 joueurs : 11 professionnels et 1 universitaire (histoire de perpétuer un peu la tradition). Voici les artistes :

n°4 : Christian Laettner (Université de Duke), 23 ans
n°5 : David Robinson (Spurs de San Antonio), 27 ans
n°6 : Patrick Ewing (Knicks de New-York), 30 ans
n°7 : Larry Bird (Celtics de Boston), 36 ans
n°8 : Scottie Pippen (Bulls de Chicago), 27 ans
n°9 : Michael Jordan (Bulls de Chicago), 29 ans
n°10 : Clyde Drexler (Trail Blazers de Portland), 30 ans
n°11 : Karl Malone (Jazz de l’Utah), 29 ans
n°12 : John Stockton (Jazz de l’Utah), 30 ans
n°13 : Chris Mullin (Warriors de Golden State), 29 ans
n°14 : Charles Barkley (Suns de Phoenix), 29 ans
n°15 : Earvin « Magic » Johnson (Lakers de Los Angeles), 33 ans

Le sélectionneur est Chuck Daly, coach des Pistons de Détroit, vainqueurs du titre NBA en 1989 et 1990. Mais aucun joueur des Pistons n’apparait et notamment Isiah Thomas, l’un des meilleurs joueurs de l’époque. Pourquoi ? Jordan et d’autres ne voulaient pas jouer avec lui. Jordan avait d’ailleurs conditionné sa venue à l’absence de Thomas dans la sélection. Les deux co-capitaines sont Magic et Larry Bird. La Dream Team est née, le nom ayant d’ailleurs été donné par un journaliste sportif connu et reconnu dans le milieu, Jack McCallum, auteur du bouquin intitulé « Dream Team » et retraçant toute cette incroyable histoire.

L’équipe est sublime mais une question demeure : comment réussir à faire jouer tous ces mecs ensemble ?

La préparation débute au printemps 1992. Les plus belles histoires sont à raconter parmi ces semaines de préparation. D’abord, une défaite contre une équipe composée d’universitaires. La seule défaite de cette Dream Team. Puis un match joué à Louis II à Monaco entre l’équipe Jordan et l’équipe Magic. Match qui est, selon les quelques observateurs présents, le plus grand match qui n’ait jamais été joué. Puis le tournoi pré-olympique avec des adversaires admiratifs de voir toutes ces stars ensemble. Avec notamment les cubains qui prendront une rouste mémorable 136 à 57.

Juste avant le tournoi olympique, la Dream Team débarque à Barcelone. Non pas dans le village olympique mais dans un palace de la ville. Le chef de la police barcelonaise déclarera d’ailleurs que cet hôtel fut certainement l’endroit le plus protégé de la planète à ce moment précis. Il y avait des émeutes tant les journalistes et les spectateurs étaient excités à l’idée de pouvoir croiser Magic, Jordan ou Larry Bird. On était au-delà du sport, au-delà du basket. Ces mecs-là tous ensemble, c’était les 12 dieux de l’Olympe réunis ensemble pour aller récupérer leur dû : l’or olympique. Tout le monde voulait assister, ne serait-ce qu’à un minuscule fragment, de cette épopée qui restera à jamais dans les livres d’histoire du sport.

Concernant le tournoi, on assistera à une flopée de valises infligées par les américains à leurs différents adversaires. Le match le plus dur et le plus serré fut celui joué en finale contre de valeureux croates. Une victoire de 32 points 117 à 85. L’écart moyen aura été de près de 44 points sur l’ensemble du tournoi olympique. Des adultes contre des juniors, comme dirait un certain Patrice Evra. Charles Barkley finit meilleur marqueur de l’équipe avec 18 points de moyenne par match.

L’histoire ne pouvait pas se terminer autrement. La plus grande équipe de tous les temps devait remporter l’or olympique et redorer la fierté de toute une nation humiliée par la déroute de 88. Team USA a envoyé d’autres grandes équipes par la suite, mais aucune d’entre elles ne pourra arriver à la cheville de la Dream Team.